« Il y a des poulets qui sont déplumés, il y en a qui sont sales, il y en a qui boitent, et c’est ceux-là qu’on ramasse et qui partent à l’abattoir. » Tel est le témoignage d’un ramasseur de poulets de la société Duc, dans une vidéo diffusée ce jeudi 19 novembre 2020 par l’association abolitionniste L214.

En 2019, L214 s’était déjà attaquée au ramassage mécanisé des volailles, que l’association avait qualifié de « moissonneuse à poulets ». Cette fois, elle pointe du doigt le ramassage manuel, qu’elle décrit comme un « calvaire pour les poulets et les humains ».

À lire aussi : Antispécistes, la « moissonneuse à poulets » filmée par L214 (29/05/2019)

« Le métier est violent »

Dans son témoignage, le ramasseur de volailles explique saisir « trois ou quatre [poulets] par main ». Cette personne, placée sous anonymat, décrit un métier « violent ». « Le but, c’est d’aller très vite, de ramasser cinq poulets d’un coup, et de les claquer dans une caisse en plastique », poursuit-elle.

Comme à son habitude, L214 fait état d’« animaux entassés par milliers » qui « ne verront jamais la lumière du jour », pour donner une image négative de l’élevage. Pour toucher les consommateurs, l’association n’oublie évidemment pas d’épingler d’autres opérateurs que la société Duc, en mentionnant des marques telles que Père Dodu, Le Gaulois ou encore Maître Coq.

À lire aussi : Maltraitance animale, L214 remet la pression sur les députés (08/10/2020)

Volonté de « déstabiliser »

Dans un communiqué publié ce jeudi 19 novembre 2020, l’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair, dénonce « le harcèlement et la désinformation » dont « les professionnels de la fière des volailles françaises » sont victimes. Elle considère que les images diffusées par L214 « ne représentent en rien la réalité des élevages de volailles français ».

L’Anvol rappelle que « la première préoccupation des éleveurs est le bien-être et la santé de leurs animaux à toutes les étapes de la production, y compris au moment du ramassage et du transport ». L’interprofession souligne la volonté de L214 d’utiliser « les pires procédés pour déstabiliser des professionnels engagés dans des pratiques exemplaires ».

Vincent Guyot