« Les éleveurs en viande bovine, ovine, caprine et de lapin sont très inquiets avec des prix à la production en baisse alors que la consommation dans les GMS repart à la hausse », alerte le Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) dans un communiqué de presse paru le 20 avril 2020, alors que le confinement à cause du coronavirus se poursuit.

Le syndicat précise que la filière du veau de lait sous la mère a vu son activité baisser de « 35 % » en raison de « l’arrêt total des commandes passées par les restaurants qui privilégient une consommation de qualité et aussi par le recul important de l’offre proposée aux consommateurs dans ses circuits d’achat habituels ».

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Des manques à gagner pour les éleveurs d’ovins et de caprins

« Par rapport à 2019, les cotations en jeunes bovins ont baissé de 2 % alors que la consommation dans les GMS repart à la hausse. Les viandes piécées ont progressé de 14 % tandis qu’elles atteignent plus de 33 % en viande hachée et bondissent pour les viandes surgelées de 75 % », argumente le Modef.

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Les filières ovines et caprines n’ont pas été épargnées par le confinement [mis en place à cause du Covid-19] qui a limité les réunions de famille pour Pâques. Le syndicat estime que les manques à gagner pour les agriculteurs s’élèvent à 20 euros par agneau et à 5 euro par chevreau.

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Garder les animaux en ferme serait synonyme « d’augmentation des charges »

Le syndicat se dit très en colère que « certains responsables appellent à retenir les animaux en ferme alors que la France est déficitaire en viande bovine de 687 millions d’euros, ovine de 678 millions d’euros et ne dégage qu’un excédent commercial en viande porcine ».

Pour le Modef, garder les animaux en ferme entraînerait une augmentation des charges pour les éleveurs qui « s’attendent à une nouvelle sécheresse car le déficit de pluie commence à se faire sentir dans certains départements. Les prix du foin et de la paille flambent déjà alors que la récolte n’a pas commencé », ajoute le syndicat.

Réouverture des restaurants le 1er juin 2020 avec « exigence d’achats de produits français »

Pour accompagner les éleveurs, le Modef « exige » notamment la mise en place d’un prix plancher d’achat pour chaque production agricole. « Ce prix plancher tient compte de l’évolution des coûts de production en fonction des bassins de production et des revenus des producteurs de chaque filière agricole », précise-t-il.

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Le Modef souhaite aussi la réouverture des cantines, pour préparer et faire du portage de repas pour les familles en difficulté, et des restaurants au 1er juin « avec une exigence d’achats de produits français ».

Il demande l’activation du Fonds national de gestion des risques agricoles (FNGRA) par le biais du régime des calamités agricoles afin d’indemniser les agriculteurs « confrontés à des pertes économiques en raison du coronavirus » et la mise en place d’un « stockage public de l’Union européenne de la viande français ».

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Interdire la vente de produits agricoles qui ne respectent par les normes européennes

Enfin, le Modef réclame l’application de deux articles de loi. Le premier est un article qui prévoit qu’un « coefficient multiplicateur entre le prix d’achat et le prix de vente des fruits et légumes périssables peut être instauré en période de crises conjoncturelles » (2).

Le deuxième est l’article L.236-1 du code rural et de la pêche maritime qui interdit de vendre ou de donner, pour les consommations humaine et animale, des produits agricoles qui ne respectent par les normes européennes en termes de traçabilité mais aussi d’utilisation de produits phytopharmaceutiques et vétérinaires.

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M.-A. B.

(1) Aarticle 23 de la loi n° 2005-157 du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux

(2) Les crises conjoncturelles sont définies à l’article L. 611-4 de la loi n° 2005-157 du 23 février 2005