Pour la première fois depuis qu’il a pris les clés de la rue de Varenne, Stéphane Travert inaugurera le Salon international de l’agriculture, le 24 février prochain, à Paris. Lors d’une conférence de presse à Paris ce jeudi 11 janvier 2018, il a d’ailleurs laissé entendre que le président de la République sera à ses côtés, dès l’ouverture du salon.

Le ministre ne s’est pas déplacé à cette conférence que pour brosser les qualités de la vache aubrac, égérie de l’événement cette année. Quand il prend la parole, il attaque de front par le sujet brûlant du moment : le lait infantile contaminé par une salmonelle. Avant d’attirer l’attention de journalistes sur le succès de la visite en Chine du gouvernement, tout juste débarqué de l’avion.

Des procédures sanitaires dématérialisées

« La Chine est un partenaire fidèle, mais exige, rappelle le ministre, pour qui le déplacement dans l’empire du Milieu avait d’abord pour objectif d’ouvrir le marché au bœuf français, victime d’un embargo depuis 2001. D’ici à six mois, ce devrait être chose faite. « Demain, les procédures sanitaires nous seront dématérialisées, précise Stéphane Travert. Cela nous permettra de gagner du temps lors des agréments. » Car pour l’heure, les papiers peinent à circuler entre les administrations françaises et chinoises.

S’agissant du porc, viande favorite du consommateur chinois avec près de 40 kg par habitant et par an, il existe déjà des contrats. Lors de son voyage, Stéphane Travert apprenait du premier ministre chinois que 497 millions de porcs sont consommés chaque année en Chine. L’Hexagone voudrait donc intensifier les échanges, et c’est un défi qu’il estime pouvoir relever. Mais pas n’importe comment.

Le ministre revient sur les débats des États-généraux de l’alimentation, pendant lesquels la question de la qualité des productions à l’exportation était pointée du doigt. « Nous devons faire la promotion d’une viande de porc de qualité, de nos savoir-faire français », souligne-t-il, appelant à réfléchir aux moyens de répondre aux attentes qualitatives du consommateur chinois aux aguets notamment d’une traçabilité sans reproches.

« Pas d’accord » pour la volaille

La volaille devra en revanche attendre. « Pas d’accord », lance le ministre, sans aucune allusion au statut sanitaire français vis-à-vis de l’influenza aviaire hautement pathogène. Les autorités chinoises assurent que leur pays est suffisamment compétitif, et n’a nullement besoin de notre production française.

Et Stéphane Travert de rejouer encore la carte de « french quality » : « Nous leur avons expliqué avoir la capacité à proposer une volaille de qualité attendue des consommateurs chinois. Nous avons mis en avant nos labels. Nous voudrions travailler avec les autorités, mais cela va prendre du temps. »

Il plane encore des interrogations quant à l’obtention d’agréments pour fournir du lait à ce pays traumatisé par le scandale du lait de vache frelaté en 2008. Ainsi que sur les fruits et légumes, pour lesquels il faudra, comme pour le reste des productions, montrer patte blanche en matière sanitaire.

Le président Macron l’a promis sur son compte Twitter : il visitera l’empire du Milieu chaque année de son mandat. Son prochain déplacement serait donc l’occasion de refaire le point sur les échanges franco-chinois. « Aurons-nous augmenté nos capacités d’exportation de viande de porc, en améliorant la qualité et la traçabilité ? » interroge Stéphane Travert.

Hélène ChaligneJournaliste web