« Dans le secteur de la volaille de chair, la position de la France s’est améliorée en 2015 par rapport aux deux années précédentes, puisqu’elle se classe en dixième position sur 18 pays étudiés, détaille FranceAgriMer dans son communiqué du 24 mars 2017. La filière a pris conscience des exigences des marchés et a entamé les restructurations nécessaires pour s’internationaliser. »

Alourdir le poulet standard

Pour FranceAgriMer, l’Hexagone doit moderniser son modèle de production du poulet standard avec des animaux plus lourds comme les autres pays européens. Pourquoi ? Pour améliorer le rendement en pièces de découpe et notamment en filets, et diminuer ainsi ses coûts de transformation. Il lui faut aussi reconquérir son marché national face à la hausse continue des importations.

FranceAgriMer souligne aussi que la parité monétaire de l’euro avec les monnaies des autres pays exportateurs a joué en faveur des exportations européennes sur le marché mondial. « La filière française doit toutefois relever de nouveaux défis face à l’émergence de la Pologne, désormais premier pays producteur en Europe et à la sixième place au niveau mondial. »

La Pologne en mode de conquête

Ce pays a doublé sa production depuis son intégration dans l’Union européenne en 2004. « L’expansion de la production tient à un petit nombre d’exploitations récemment modernisées mais l’aviculture polonaise est aussi composée de petits producteurs qui optimisent très bien leurs coûts de production, a détaillé Jean-Louis Buër, conseiller agricole à l’ambassade de France en Pologne.

La compétitivité du coût de l’aliment et du coût de la main-d’œuvre explique l’essor de la production qui bénéficie également d’un marché intérieur porteur. La Pologne est un fournisseur important de la Grande-Bretagne. La remise en cause de ce débouché dans le cadre du Brexit pourrait accroître la concurrence à l’exportation entre les pays européens sur d’autres destinations. »

La filière porcine à la peine

Dans le secteur de la viande porcine, la France arrive au neuvième rang du palmarès. « Elle est notamment pénalisée par une consommation en baisse sur le marché intérieur et des performances à l’exportation décevantes en 2015, détaille FranceAgriMer. Innover sur les produits et mieux s’organiser collectivement pour gagner des parts de marché à l’exportation semblent être des clés pour une meilleure compétitivité demain. »

Les États-Unis, l’Allemagne, le Danemark et le Canada sont en tête de ce classement qui a peu évolué entre 2013 et 2015. « Sauf pour l’Espagne, désormais cinquième au niveau mondial, grâce à une augmentation sensible de sa production et de nouveaux marchés conquis à l’exportation », souligne FranceAgriMer.

Jouer la carte du long terme avec la Chine

La Chine est désormais le principal client étranger de la France. « Ce marché est rémunérateur mais exigeant en matière réglementaire et sanitaire, a expliqué Carole Ly, conseillère agricole à l’ambassade de France à Pékin. Son avenir reste incertain : l’élevage est en pleine restructuration et le gouvernement chinois mise sur l’autosuffisance à l’horizon de 2020.

L’offre française a des atouts, l’image des produits français est très bonne auprès des consommateurs chinois mais la filière doit accroître sa compétitivité vis-à-vis de ses concurrents et renforcer ses relations commerciales de long terme afin de pouvoir limiter les effets d’un retournement de marché. »

Votre analyse marché - Porcs

Stabilité

Le cours du porc s’est maintenu à 1,379 €/kg ce jeudi 24 septembre 2020 au marché du porc breton (MPB).