« La crise du Covid-19 étant dans certains pays en décrue, et les capacités logistiques et commerciales étant en train de se reconstituer, tous les experts s’accordent à dire que les prix du porc et des pièces de découpe vont rester très élevés en 2020 », assure Bernard Vallat, le président de la Fédération nationale des charcutiers traiteurs (Fict), ce mercredi 24 juin 2020.

Or « les achats de matière première représentent en moyenne 50 à 60 % du coût de fabrication », poursuit-il. Pour faire face à la volatilité des cours, le président de la Fict compte sur « les dispositions de la loi Egalim, qui permettent d’introduire dans les conditions générales de vente des contrats entre les charcutiers et leurs clients, une clause de révision des prix en fonction des variations à la hausse ou à la baisse des cours des matières premières ».

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Baisse d’activité en France comme à l’exportation

Car après avoir subi une flambée du cours du porc l’an passé, les entreprises du secteur ont également souffert de la crise du coronavirus. « Un premier bilan indique que 65 % des entreprises enregistrent une baisse de leur chiffre d’affaires, et pour 29 % d’entre elles, la baisse s’élève à plus de 25 % », indique la Fict.

Sur le marché intérieur, « l’arrêt de la restauration collective et commerciale, la fermeture des rayons à la coupe et la suspension de certaines références en libre-service dans la grande distribution ont eu un impact important ». A l’exportation, après une « croissance marquée » en 2019 vers les pays tiers, les envois de charcuteries ont « nettement reculé du fait de problèmes logistiques et de l’arrêt mondial des activités de restauration »

Des souplesses pour les agréments vers la Chine

Pour autant, en raison de l’épizootie de peste porcine africaine, les besoins de la Chine en viande porcine restent d’actualité. « On considère que plus de 40 % du cheptel chinois a disparu, soit environ 20 % du cheptel porcin mondial », rappelle Bernard Vallat. Le président de la Fict estime que les investissements de l’empire du Milieu pour retrouver leur production ne pourraient porter leurs fruits qu’à partir de la fin de 2021.

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Dans cette attente, les agréments des entreprises françaises se poursuivent. « La Chine a agréé huit établissements de charcuterie en 2019 et treize autres sont en cours d’agrément. Une décision toute récente de la Chine consiste dorénavant à confier l’agrément des établissements et leur inspection aux services vétérinaires français. C’est un pas de géant », souligne Bernard Vallat.

V. Gu.