« Rien ne remplacera la passion des femmes et des hommes qui, tous les jours dans nos campagnes, élèvent leurs animaux dans le respect des règles pour fournir un foie gras authentique et de qualité aux consommateurs », assure le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras), dans un communiqué publié le 26 juillet 2021.

L’interprofession des palmipèdes à foie gras réagit ainsi aux récentes annonces de la start-up française Gourmey, établie à Paris. À l’occasion d’une levée de fonds de 10 millions de dollars le 21 juillet dernier, ses dirigeants ont a indiqué à l’AFP travailler depuis deux ans au développement d’un prototype cellulaire de foie gras.

« Nous voulons montrer que la viande de culture ne se limite pas au burger mais que l’on peut faire aussi des produits gastronomiques, avait alors expliqué Nicolas Morin-Forest, l’un des trois fondateurs de Gourmey. Il y a un besoin très fort pour un produit alternatif au foie gras conventionnel, produit controversé qui va devoir se réinventer ».

> À lire aussi : Quand la viande cellulaire se cache derrière L214 (16/11/2020)

L’appellation foie gras « strictement encadrée »

De son côté, le Cifog rappelle que l’appellation foie gras est « strictement encadrée par une réglementation précise, tant au niveau français qu’européen. » Elle n’est autorisée « que pour définir un foie issu d’un canard, ou d’une oie, engraissé par gavage. Il est donc interdit de l’utiliser pour un produit qui n’est pas issu de ce procédé », insiste l’interprofession.

Si la filière admet que le consommateur sera « libre de choisir », elle souligne sa conviction que « l’immense majorité des Français n’a pas envie de consommer des produits artificiels, des produits chimiques de synthèse issus de manipulations cellulaires effectuées dans des laboratoires ».

> À lire aussi : Inquiétudes et réserves sur la nouvelle feuille de route contre l’influenza aviaire (12/07/2021)

Des doutes sur le goût

Le Cifog émet notamment des doutes sur le goût des « produits se revendiquant équivalents au foie gras. » « Toutes les expériences menées à ce jour n’ont jamais réussi à égaler les caractéristiques organoleptiques uniques du foie gras, fruit d’un savoir-faire historique reconnu par les plus grands Chefs du monde entier », insiste le Cifog.

L’interprofession rappelle en outre que la filière « participe à la vitalité des zones rurales avec plus de 100 000 emplois », et que le foie gras est « officiellement reconnu comme patrimoine gastronomique et culturel français ».

> À lire aussi : Les professionnels du foie gras entrevoient la sortie de crise (14/06/2021)

Vincent Guyot