Vaches de races à viande ou bien vaches laitières, aucune ne semble épargnée face à la décapitalisation qui progresse en Europe. Cette dynamique devrait se poursuivre, d’ici aux dix prochaines années, d’après la Commission européenne dans son rapport paru le 10 décembre 2019.

Le troupeau bovin en déclin en Europe

Les deux dernières enquêtes réalisées par la Commission démontrent une baisse du cheptel allaitant dans les principaux pays producteurs d’Europe centrale et orientale. L’une des causes principales serait la faible rentabilité de cette production. Seules la Pologne et l’Espagne échappent à la règle et voient leur dynamique de cheptel évoluer positivement.

Ajouté à cela, le nombre de vaches laitières devrait baisser dans les prospectives, sur l’ensemble de l’Union européenne.

Malgré une légère augmentation des abattages moyens annoncée au regard de 2030, la production de viande bovine brute en Europe devrait passer sous la barre des 700 000 tonnes d’ici à dix ans, soit une baisse de 9,3 % par rapport à 2019.

Une concurrence rude sur les marchés mondiaux

1,8 millionC’est le nombre de bovins en moins dans le cheptel européen d’ici 2030

D’après la Commission, « les exportations d’animaux vivants devraient progressivement se réduire, à cause d’une demande décroissante de la Turquie et des préoccupations en termes de bien-être animal ».

Des opportunités restent à saisir sur les marchés mondiaux. Grâce à l’accord commercial avec le Japon, l’Union européenne (UE) pourrait espérer une hausse de 18 % de ses exportations en viande bovine d’ici à dix ans par rapport à 2019. La Chine, frappée par la peste porcine africaine (PPA), manifeste des besoins importants en approvisionnements et constitue en ce sens un marché prometteur, aussi pour la viande bovine.

Au sujet de la Russie, la fin des restrictions annoncée au 31 décembre 2020 devrait permettre une reprise partielle des exportations de viandes européennes, mais à un faible niveau en raison de l’accroissement de l’autosuffisance de la Russie et de la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

À l’inverse, les importations de bœuf par l’UE devraient augmenter sensiblement, en lien avec l’élargissement progressif des contingents tarifaires ouverts dans le cadre des accords de libre-échange. Les volumes attribués au bœuf américain « de haute qualité » devraient être totalement remplis. Les pays sud-américains continueront d’assurer un approvisionnement abondant sur le marché, faisant pression sur les prix mondiaux et communautaires du bœuf.

Une consommation européenne en berne

Sous l’impulsion des préoccupations sociales, éthiques, sanitaires et environnementales, la consommation de viande bovine au sein de l’UE devrait passer de 10,6 kg à 10 kg entre aujourd’hui et 2030, notifie la Commission dans son rapport.

Cependant, l’Europe des 15 devrait afficher une baisse significative de 1,2 kg par habitant pour s’établir à un niveau de consommation de 11,3 kg par habitant. Quant aux treize derniers pays entrants, la consommation devrait être relativement stable (4,3 kg en moyenne par habitant).

Lucie Pouchard