Cet appel à garder les animaux en ferme est « malheureusement la seule option qu’il nous reste aujourd’hui », déplore Bruno Dufayet, président de la FNB dans un communiqué diffusé le 15 avril 2020. Le syndicat avait dénoncé, le 29 mars dernier, « l’attitude irresponsable des industriels et des distributeurs » en cette période difficile liée au coronavirus.

La FNB avait alors demandé au ministre de l’Agriculture « d’instaurer, pendant toute la période d’état d’urgence sanitaire, un prix minimal payé aux éleveurs à hauteur de leur coût de production. » La Confédération paysanne va plus loin dans ses revendications et précise que « la demande de régulation devra être poursuivie bien au-delà de la crise. »

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« Absence de rémunération »

La FNB n’est pas la seule à inciter à une telle mesure. Les Éleveurs du Grand Massif central avaient déjà donné le ton le 14 avril : « Sans garantie d’un prix rémunérateur pour nos animaux, nous sommes dans l’obligation de les conserver sur nos exploitations ». La Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) et Jeunes Agriculteurs (JA) Pays de la Loire rejoignent cet appel dans un communiqué diffusé le 16 avril prévenant que « la braderie, c’est fini ! », suivi par la Confédération paysanne le 17 avril.

« L’absence de rémunération des éleveurs met en péril la pérennité de la production de viande bovine en France », rappelle la FNB. Cette situation, qui pèse sur la filière depuis plusieurs années déjà, n’est toujours pas résolue, malgré les outils mis à disposition par la loi Egalim. « Nous, éleveurs, sommes mobilisés pour proposer aux consommateurs des viandes de qualité. Mais pas à n’importe quel prix. […] Cela commence par des prix couvrant les coûts de production [à hauteur de 4,89 €/kg] », soutiennent Mickaël Trichet, président de la FRSEA, et Jordy Bouancheau, responsable de la section régionale de la viande bovine au sein de JA Pays de la Loire.

« Les signaux de marché sont au vert »

« Les signaux de marché sont au vert, dans le secteur, assure la FNB. La réunion des acteurs de la filière de la viande bovine qui s’est tenue ce mardi 14 avril, au sein de l’interprofession en témoigne. » « La consommation en grandes et moyennes surfaces (GMS) est en effet bien portante, confirme Guy Hermouet, président de la section bovine d’Interbev. Les ventes de viandes piécées ont progressé de 14 %, tandis qu’elles atteignent, respectivement, 33 % et 75 % pour les viandes hachées fraîches et surgelées entre les semaines 11 et 14. »

Quant aux abattages, « si le repli global [toutes catégories confondues] s’établissait à 7 % lors des trois dernières semaines, la semaine 15 (du 6 au 12 avril) tend vers un rééquilibrage de l’offre et de la demande », assure Guy Hermouet.

Malgré cette reprise des abattages en allaitant comme en laitier, « certains abatteurs continuent d’appliquer des baisses, relève le président de la section bovine d’Interbev. Le recul des prix est évalué à 3 centimes en moyenne en semaine 15. Ainsi, par rapport à 2019, les cotations sont en recul de 11 à 14 centimes. Il est temps que la viande hachée soit valorisée comme un produit de qualité et non plus comme du minerai. Sans parler de la viande sous label rouge, délaissée par les trois quarts des enseignes depuis le début du confinement. »

Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Léger recul de la demande

Dans le domaine des allaitantes de haute qualité bouchère, les flux commerciaux restent réguliers, grâce à une bonne adéquation entre l’offre et la demande. Les tarifs sont stables sur la plupart des marchés, malgré la tenue des concours d’animaux de boucherie. En réformes laitières, l’activité commerciale reste assez fluide, même si les industriels sont moins actifs dans leurs commandes tenant compte des promotions de porc, des foires aux vins et du budget serré des ménages sur cette fin de mois de septembre.