« Nous ne souhaitons pas nous battre pour proposer des produits standards sur les marchés mondiaux, en important d’un côté pour exporter de l’autre. C’est le modèle d’élevage français que nous souhaitons défendre », assure Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB), ce mercredi 22 mai 2019, lors d’une conférence de presse à Paris.

À quelques jours des élections européennes, et alors que l’aboutissement d’un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur pourrait se préciser, le syndicat s’inquiète de ses conséquences sur la filière bovine française. « Le Brésil est notamment redevenu moteur dans les négociations, estime Bruno Dufayet. Le contingent pourrait s’élever à 99 000 t. Il s’agira essentiellement de pièces d’aloyau qui viendront concurrencer les viandes européennes, sur un marché communautaire qui représente 400 000 t. »

« 270 000 tonnes déjà importées »

Si aucun accord n’est pour l’heure signé, « près de 270 000 t de viande bovine sont d’ores et déjà importées du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay. Or, elles ne respectent pas les standards européens de production, par exemple sur l’utilisation d’antibiotiques comme activateurs de croissance. »

Le président de la FNB appelle ainsi les pouvoirs publics à « bannir toute viande du Mercosur sur le marché français, en application de la loi Alimentation qui exige la commercialisation de produits respectant la réglementation européenne en termes de modes de production et de traçabilité ».

« Les Canadiens se préparent »

S’agissant de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta) entré en application de manière provisoire à l’automne 2017, le syndicat se dit également défavorable à la ratification française. Le contingent de viande bovine s’élève à 65 000 t.

« Si ces volumes sont aujourd’hui loin d’être atteints, les Canadiens se préparent, prévient Bruno Dufayet. Ils adaptent leurs modes de production et se structurent pour répondre aux exigences européennes à moyen et à long terme. Ce n’est pas un hasard si ce contingent avait fait l’objet de fortes pressions lors des négociations. »

V. Gu.