« En novembre 2020, les abattages de bovins sont en baisse de 4,2 % en têtes et de 3 % en poids par rapport à novembre 2019 », indique Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa dernière note d’Infos rapides mise en ligne sur son site internet le 21 décembre 2020.

10 % de vaches allaitantes en moins

Ce repli concerne principalement les gros bovins femelles et les veaux de boucherie. Les abattages de vaches allaitantes accusent une chute de plus de 10 % sur un an, en nombre de têtes. La baisse est de 3,8 % pour les génisses, 5,8 % pour les vaches laitières et presque 5 % pour les veaux. Pour ces derniers, « le second confinement pèse sur la demande » en plein pic saisonnier.

« À 3,04 €/kg carcasse en moyenne, le cours moyen de la vache de type O dépasse de 1,4 % le niveau de 2019 mais reste inférieur à la moyenne quinquennale. À 3,99 €/kg carcasse, le cours moyen de la vache R recule légèrement par rapport à octobre 2020, tout en restant à un niveau élevé (+6,9 % sur un an) », complète Agreste. À 5,76 €/kg carcasse en novembre, le cours du veau de boucherie s’aligne sur la moyenne quinquennale.

Les abattages de jeunes bovins progressent

Du côté des gros bovins mâles finis, les abattages sont également à la baisse pour les animaux de plus de 2 ans mais ils progressent chez les jeunes bovins de 8 à 24 mois (+3,6 % en têtes).

« Les effectifs d’animaux maintenus dans les exploitations pendant le premier confinement arrivent sur le marché et sont abattus à des poids moyens supérieurs à ceux de 2019 », explique Agreste. « À 3,61 €/kg carcasse, les cours des jeunes bovins sont inférieurs de 5,6 % à ceux de 2019 » en novembre.

Le cours du broutard continue à chuter

Du côté des bovins maigres destinés à l’engraissement, les cours continuent à baisser en novembre, « malgré une offre limitée d’animaux dans les exploitations ». À titre d’exemple, le cours moyen du broutard charolais de 6 à 12 mois plafonne à 2,62 €/kg vif, soit une baisse de 3,2 % sur un an.

Il faut dire que les exportations sont toujours à la peine. « En octobre 2020, avec près de 116 000 têtes, les exportations de bovins maigres (broutards) sont inférieures de 3,4 % au niveau de 2019 », estime Agreste. Le repli des envois sur les marchés italiens et algériens en est à l’origine.

Alexandra Courty
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Hausse inattendue dans les laitières

En femelles allaitantes, les cours sont reconduits. Du côté des réformes laitières, l’offre de la semaine se montre insuffisante pour satisfaire la demande, ce qui oblige les industriels à accorder quelques plus-values dans les bonnes vaches prim’holsteins, normandes et montbéliardes. Cette position inédite à cette saison reflète un marché en tension au niveau de l’offre, face à une demande soutenue en production laitière. En jeunes bovins, les besoins sur le marché intérieur comme à l’exportation restent soutenus.
Votre analyse du marché - Bovins maigres

L’offre en charolais tend à progresser

À l’approche de conditions climatiques moins favorables, les sorties de broutards tendent à progresser dans la Région Centre. L’animation commerciale reste néanmoins assez soutenue, portée par une forte demande des engraisseurs italiens.