Toutes les commandes initialement prévues pour le lundi 16 mars ont été annulées les unes après les autres le vendredi 13 mars 2020 [suite au confinement mis en place à cause du coronavirus Covid-19, NDLR], relate Aurélien Hobeniche, éleveur dans le Puy-de-Dôme. La viande était déjà découpée et prête à être livrée. Aucun compromis n’a été possible, on a dû improviser dans l’urgence. »

En caissettes et à la ferme

Les deux associés du Gaec La Croix des Arbres, naisseur engraisseur, commercialisent toute leur viande en direct, sous forme de caissettes et au détail. Si la plus grosse part est destinée à l’approvisionnement des établissements scolaires, 40 % de la production du Gaec est valorisée au sein de leur magasin de producteurs et sur les marchés.

« En phase de routine, une équipe de cinq salariés travaille à temps plein sur notre magasin à la ferme pour la transformation et la vente de nos produits et de celles d’éleveurs voisins. Dès la première semaine de durcissement des mesures liée à l’épidémie de Covid-19 [semaine du 16 au 22 mars 2020], deux de nos employés ont été mis en arrêt », déplore Aurélien.

« Ce sont nos clients privés qui nous permettent de vivre »

« Nous avons renforcé notre communication sur notre page Facebook pour revendre tous les produits décommandés par les écoles, explique Aurélien Hobeniche. Notre stratégie a bien fonctionné et aujourd’hui, ce sont nos clients privés qui nous permettent de vivre. » Mais ce travail de réorganisation n’a pas été sans difficulté.

Face à la fermeture des cantines scolaires, Aurélien Hobeniche a décidé d’ouvrir son magasin à la ferme sur des créneaux supplémentaires. © Gaec La Croix des Arbres

« En dix jours, nous avons dû totalement revoir notre façon de travailler, poursuit-il. La prise de commandes et l’élaboration des colis sont différentes, sans parler des livraisons à domicile qui s’avèrent très chronophages. Contrairement au secteur de la restauration hors domicile, la demande des clients privés est beaucoup plus aléatoire et concerne une multitude de produits. On ne sait jamais à l’avance ce qu’il va falloir abattre. »

Bien que la demande de la clientèle soit au rendez-vous, l’arrêt de leur débouché majoritaire ne sera pas sans laisser de traces. L’éleveur de limousines recense de nouveaux clients parmi son réseau. « À l’avenir, nous ferons peut-être différemment. Nous ouvrirons notre magasin sur des créneaux supplémentaires », conclut Aurélien Hobeniche.

Lucie Pouchard