Dans quinze jours, l’engagement en faveur du « cœur de gamme » soufflera sa première bougie. C’est en effet le 1er juin 2016 que cette démarche lancée par la Fédération nationale bovine (FNB) pour soutenir les prix des races allaitantes a obtenu sa première signature, avec Système U. Se sont ensuite engagés Carrefour, Leclerc, Intermarché, Lidl, Casino et Auchan. Les discussions sont encore en cours avec Cora.

Des « manifestations propres »

Si l’idée du « cœur de gamme » a obtenu la faveur de la majorité des enseignes, deux semblent toutefois prendre leur temps. La FNB s’impatiente de ne rien voir de concret dans les rayons des supermarchés E. Leclerc et d’Intermarché. Alors demain, mercredi 17 mai, des magasins E. Leclerc auront de la visite.

Si la FNB note des initiatives locales de certains magasins, souvent déjà engagés dans une meilleure valorisation des races à viande, elle dénonce surtout l’immobilisme de la direction nationale de l’enseigne. « Elle n’a pas pris en charge le cœur de gamme, regrette la FNB. L’enseigne s’y est pourtant engagé, elle a signé. » Pour rappel, les engagements en faveur d’une segmentation du rayon, proposés par la FNB, sont volontaires.

« Nous voulons des manifestations propres, prévient le syndicat. Personne n’entrera dans les magasins, il s’agit d’une opération de sensibilisation des consommateurs. Nous voulons leur expliquer à quoi l’enseigne s’est engagée, ce qu’elle ne respecte pas, et vers quels concurrents il est préférable de se tourner pour trouver une viande qui rémunère justement les éleveurs. »

Rémunérer correctement l’éleveur

Pour la FNB, la segmentation du marché de la viande bovine est indispensable pour rendre l’offre qualité-prix plus lisible par le consommateur. Gage de leur volonté de développer ce « cœur de gamme » dans le respect des prix permettant aux éleveurs de couvrir leurs coûts de production, les parties s’engagent dans l’association Éleveur & Engagé, qui atteste des relations commerciales responsables.

Chacun à son niveau promet d’apporter un produit de qualité au consommateur, de respecter les besoins de la transformation et de la distribution, et de rémunérer correctement les éleveurs qui fournissent la démarche. Aujourd’hui, le syndicat estime que près d’un quart des animaux éligibles au cahier des charges du « cœur de gamme » est valorisé comme tel. « Si tout le monde jouait vraiment le jeu, ce serait peut-être la moitié », estime la FNB.

Hélène ChaligneJournaliste web