En 2016, 610 bovins ont été commercialisés sous l’AOP Maine-Anjou, soit une baisse de 55 % par rapport à 2015. La perte du marché avec la chaîne de restauration Hippopotamus en janvier 2016 explique en partie la déstabilisation de la démarche. Tel est le constat dressé au début de l’assemblée générale du syndicat, qui se tenait ce 30 mai 2017, à Chenillé-Changé, dans le Maine-et-Loire.

Fédérer la vente à la ferme

Outre le travail de reconquête commerciale des circuits longs, entamé par la SAS Adema, une structure pour la commercialisation de la viande AOP Maine-Anjou, la filière s’intéresse au développement de circuits alternatifs, poussée par l’engouement croissant des éleveurs. « Dans les premières années de notre fonctionnement, les débouchés conventionnels ont été privilégiés, constate Christian Douet, le président du syndicat. Aujourd’hui, nous pensons qu’il faut soutenir et fédérer les démarches de vente en circuits courts. »

Ghislain Aminot, animateur du syndicat, ajoute qu’« un travail dans ce sens a été entamé en 2015 par la Sica Rouge des Prés. Son statut d’abatteur-revendeur agréé permet à la Sica d’acheter des animaux engagés en AOP aux éleveurs et de leur vendre des colis de viande. »

Entre 2015 et 2016, 11 points de vente de viande AOP se sont développés sur des fermes. Le volume hebdomadaire écoulé reste encore faible mais est en augmentation : 1 animal contre 7 animaux vendus en circuits longs. L’éleveur a le choix de vendre de la viande uniquement issue de ses animaux, ou de la viande issue du réseau des fermes engagées dans la démarche. Cette seconde option permet la gestion collective des stocks et facilite l’équilibre matière.

Des frais de cotisation rédhibitoires

« Nous souhaitons aller plus loin en donnant la possibilité à des éleveurs AOP d’obtenir le statut de vendeur-abatteur », explique Ghislain Aminot. Cependant, les frais de cotisation annuelle seront rédhibitoires pour beaucoup, à hauteur de 968 € pour un élevage commercialisant une carcasse toutes les deux semaines. Sans compter la gestion des stocks qui se fera individuellement. « Pour éviter la dispersion de l’offre et la dilution de la communication, nous conseillons aux producteurs de choisir le système collectif en passant par la Sica », insiste-t-il.

En offrant un cadre et différentes solutions de vente en ferme, le syndicat espère attirer en démarche AOP des éleveurs pratiquant déjà la vente directe. « Ce seul débouché ne nous permettra pas de revenir à notre niveau d’équilibre, qui se situe aux alentours de 1 500 à 2 000 bêtes abattues annuellement, mais il peut redynamiser notre filière, notamment en développant la notoriété de notre viande », conclut Ghislain Aminot.

Valérie Scarlakens