Tiré par un dynamisme de consommation, notamment en haché, « le marché des femelles allaitantes se porte bien », fait savoir Caroline Monniot, du département de l’économie de l’Institut de l’élevage (Idele), lors d’un webinaire le 9 juillet 2020. Bien que la part de viande importée progresse en restauration collective (+15 % sur un mois en mai dernier), les cours des femelles restent orientés à la hausse.

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Une tendance positive en allaitantes

En semaine 27 [du 29 juin au 5 juillet 2020], les cours de la vache U et de la vache R affichaient respectivement 4,52 €/kg (+3 % par rapport à 2019) et 4,01 €/kg (+5 %). « La cotation de la vache R n’avait plus atteint ce niveau depuis octobre 2015, précise Caroline Monniot. Les prix des réformes laitières O restent orientés à la hausse mais sont loin de retrouver leur niveau de 2019, à la même période. »

Cette progression des prix intervient alors même que les abattages sont en hausse. Selon les données hebdomadaires de Normabev, les abattages de vaches allaitantes étaient en augmentation de 2 % entre le 1er juin et le 5 juillet. Sur la même période, les abattages de vaches laitières enregistraient une hausse de 8 %. « Ce regain de disponibilités en réformes laitières pourrait expliquer la hausse limitée de leurs cotations », précise l’économiste de l’Idele.

Retards d’abattage en jeunes bovins

En jeune bovin, le marché n’est pas au beau fixe. En semaine 27, les cotations des JB U et R, établies à 3,83 €/kg et 3,67 €/kg respectivement, restent en deçà de 2 % des niveaux de 2019. Le cours du JB laitier de type O affichait 3,24 €/kg, soit +1 % sur un an. « Si les abattages, en lait comme en viande se montrent davantage soutenus, ils ne suffisent pas à rattraper les retards d’abattage accumulés pendant le confinement », note Caroline Monniot.

D’après les prévisions Modemo, « jusqu’en fin de semaine 27, le surstock en ferme s’élève à 15 700 têtes par rapport à ce qui aurait dû être abattu en France, rapporte l’experte. Ce différentiel de sortie traduit en moyenne 1,3 semaine de retard d’abattage. »

Le marché du maigre en demi-teinte

Malgré des stocks de mâles allaitants en baisse au 1er juin 2020, « les cotations des broutards n’ont pas profité d’une hausse saisonnière aussi marquée que l’an passé », relève Caroline Monniot. En semaine 27, le cours du mâle charolais U de 350 kg affichait 2,74 €/kg vif, soit un recul de 3 % par rapport à 2019. Celui du mâle charolais lourd de 450 kg, établi à 2,61 €/kg vif, perd 2 % en comparaison à l’année dernière.

« La cotation des femelles limousines destinées principalement au marché italien haut de gamme reste quasi stable. Néanmoins, la baisse des prix des femelles observée en Italie depuis le second semestre 2019 se ressent sur les cours des maigres », indique la spécialiste. La cotation de la charolaise U de 270 kg, à 2,56 €/kg vif, perd 10 centimes par rapport à 2019.

Du côté des exportations, les données de la dernière semaine de mai indiquent des signes de reprise. Les envois de mâles et femelles restent néanmoins inférieurs de 9 % par rapport à 2019. Après une très forte baisse, les exportations de bovins maigres à destination des pays tiers repartent. En mai, 7 000 broutards ont été exportés. 4 000 animaux sont partis en direction de l’Algérie, soit deux fois plus qu’en 2019 à la même période. Et alors que les envois avaient été nuls en 2019 et en 2018, 3 000 broutards ont rejoint l’Israël.

Lucie Pouchard