« Alors que la crise subie par les producteurs de viande bovine ne cesse de s’approfondir, la Commission européenne, sourde à leurs difficultés et à leur souffrance, a mis toute son énergie cette dernière quinzaine à obtenir la signature du traité de libre-échange Europe Canada (Ceta). » Tels sont les mots de la Fédération nationale bovine (FNB) dans son dernier communiqué, daté du 3 novembre 2016.

Un contingent qui va bousculer le marché

« Les producteurs de viande bovine auraient infiniment apprécié que les services de la Commission européenne exercent un zèle équivalent pour définir et mettre en œuvre des mesures européennes d’assainissement du marché de la viande bovine fortement impacté par la crise laitière », écrit la FNB.

Le syndicat rappelle que l’Union européenne concède un contingent à droit nul proche de 65 000 tonnes-équivalent carcasse de viande bovine, qui selon lui va bousculer l’équilibre du marché de la viande bovine. La FNB craint aussi que tout le modèle de l’élevage européen soit mis à mal, « tant les conditions de production sont différentes de part et d’autre de l’Atlantique. »

La balle dans le camp des ministres

La FNB estime que le prochain Conseil des ministres de l’Agriculture, qui se réunira le 10 novembre prochain, s’achève sans solution pour sortir le marché de la viande bovine de la crise. « Cela est d’autant plus probable que, d’ores et déjà, la Commission européenne a affiché son opposition à toutes mesures de stockage privé, d’intervention et même d’aide humanitaire, regrette le syndicat. Il appartient au Conseil des ministres de décider et à la Commission européenne d’exécuter. Une fois encore, il reviendra au ministre français de l’Agriculture de porter le débat afin que chaque État membre se positionne pour qu’enfin des mesures de gestion de crise d’ampleur européenne soient décidées et mises en œuvre dans de brefs délais. »