« Donnez-nous les moyens de continuer à nourrir les Français ! » Tel est l’intitulé de la lettre ouverte que la Fédération nationale bovine (FNB) a adressée à Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, le 29 mars 2020. En cette période de crise causée par le coronavirus Covid-19, les éleveurs de bovins allaitants se disent « déterminés à contribuer à l’effort collectif pour proposer aux citoyens français, en quantité suffisante et à prix abordable, des viandes de qualité […] ». Seulement, « notre situation économique, beaucoup trop précaire, ne nous permettra pas de poursuivre nos activités essentielles », alerte la FNB.

Une « précarité » qui ne peut plus durer

« Les prix payés aux producteurs de viande bovine ont baissé la semaine dernière alors que les abattages ont augmenté », constate Brunot Dufayet, le président de la FNB sur son compte Twitter ce lundi 30 mars 2020. Lors de la dernière assemblée générale du syndicat en février, il avait déjà tiré la sonnette d’alarme, appelant la filière à s’organiser pour tendre vers un modèle plus rémunérateur et une juste répartition de la valeur au sein de la production.

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Mais la situation des éleveurs de bovins à viande reste préoccupante, et l’arrivée du Covid-19 n’arrange rien. « En cette période de crise où la solidarité et la protection de notre souveraineté alimentaire sont appelées de leurs vœux par le chef de l’État, nous, éleveurs, sommes amenés à produire plus, pour vendre, toujours, nos animaux à un prix inférieur d’un euro du kilo, en moyenne, à notre coût de production », relate la FNB.

« Attitude irresponsable des industriels et distributeurs »

Dans ces conditions, où le maintien de la production de viande bovine française est mis en « péril », la FNB demande au ministre d’instaurer, pendant toute la période d’état d’urgence sanitaire, un prix minimum payé aux éleveurs à hauteur de leur coût de production.

D’après les calculs du syndicat, garantir aux producteurs de viande un prix en adéquation avec leurs coûts de production n’induirait qu’une hausse théorique du prix consommateur de 15 centimes par steak. « Une hausse que les distributeurs et industriels avec lesquels ils commercent devraient s’engager à prendre sur leur marge », souligne la FNB.

Lucie Pouchard