C’est une journée noire qui menace Carrefour, l’enseigne au losange rouge et bleu. Demain, mercredi 7 septembre, la FNB et JA manifesteront dans ses rayons. Car malgré les sollicitations de la FNB pour engager une discussion sur la valorisation du cœur de gamme et la prise en compte des coûts de production des éleveurs, Carrefour ferait la sourde oreille.

« Il reste figé dans les relations commerciales du passé, dénonce Jean-Pierre Fleury, président de la FNB. L’enseigne persiste dans un discours d’augmentation de la production, d’économie d’échelle. Or ça n’est plus du tout ce qu’il faut faire. Ce modèle économique est dépassé. »

« Un système qui disjoncte »

De par cette action, que Jean-Pierre Fleury qualifie lui-même de « symbolique », la FNB espère mettre à jour un dysfonctionnement du système, dans lequel la grande distribution, avec le relais des abatteurs, serait engagée pour une « destruction massive » de l’élevage. Le syndicat dénonce une cotation hebdomadaire liée au « prix fixé par le bureau de Monsieur Bigard ».

D’ailleurs, la FNB a décidé de se retirer des systèmes de cotations de toutes les régions. « Nous avons prévenu l’État, c’est une mascarade ! s’exclame Jean-Pierre Fleury, dont la colère monte. Nous avons le premier troupeau allaitant, et ça ne choque personne que nos animaux soient valorisés sur la base d’une réforme laitière. En viticulture, le prix des appellations est-il basé sur le prix du vin de table ? Non ! »

La réponse de certaines enseignes vis-à-vis de ce déséquilibre est d’accorder quelques centimes aux animaux de qualité supérieure. Une bonne volonté dont Jean-Pierre Fleury doute. « Ces plus-values sont bâties sur un château de sable, tempête-t-il. Carrefour en arrive même à construire un système dégressif, c’est-à-dire une plus-value qui diminue au fur et à mesure que la cotation de base monte. Il faut le dénoncer. »

Un engagement dans le cœur de gamme

Ce que la FNB attend de Carrefour, c’est qu’à l’image de Système U, l’enseigne s’engage à mettre en avant la viande issue des races allaitantes. « D’un côté le fond de rayon, et de l’autre, le cœur de gamme », insiste Jean-Pierre Fleury. Un moyen, selon le syndicat, d’entrer dans une logique commerciale capable de couvrir les coûts de production des éleveurs et de garantir la qualité au consommateur.

Si le syndicat se focalise sur Carrefour, il n’en oublie pas moins les autres. « Leclerc et Intermarché ne valent pas mieux », tranche Jean-Pierre Fleury.

Hélène ChaligneJournaliste au service de l’élevage