L’association d’éleveurs et d’acheteurs Elvea France a tenu son assemblée générale le jeudi 8 septembre 2016, à Périgueux. Sur l’estrade ont tour à tour pris la parole les présidents de la Fédération française des marchés de bétail vif (FMBV), de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB), et de la Fédération nationale bovine (FNB). Bien sûr, chacun fait le constat d’une filière malade. Néanmoins, leur inquiétude cède la place aux propositions, le moral dopé par l’accord arraché à Carrefour par la FNB sur une revalorisation des produits du cœur de gamme.

« La grande distribution commence à se ranger », se félicite Gérard Poyer, président de la FFCB. Jean-Pierre Fleury nuance : « Nous attendons des autres enseignes qu’elles emboîtent le pas. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs déjà fait sonner mon téléphone. » Le lendemain, vendredi 9 septembre, E. Leclerc s’est s’engagé à son tour à revaloriser la production issue du cheptel allaitant. Michel-Edouard Leclerc et Jean-Pierre Fleury en discuteront mardi 13 septembre. L’AFP indique aussi l’engagement d’Intermarché à revaloriser les tarifs du cœur de gamme à hauteur de 1 €/kg.

Lever les barrières à l’exportation

Face au constat d’une hausse des disponibilités dans les élevages, il est difficile de ne pas revenir sur le levier de l’exportation qui pourrait fluidifier le marché. Gilles Rousseau, président de la FMBV, rappelle néanmoins que les échanges sont compromis depuis des mois par la fièvre catarrhale ovine (FCO). « C’est une catastrophe ! s’exclame-t-il, estimant que le zonage devrait soit être balayé, soit que la totalité des régions devrait y basculer. Une partie de la France peut exporter, pas l’autre. Bilan, dans certaines régions les broutards ont perdu 50 voire 60 centimes, peut-être plus. C’est énorme. »

De son côté, Gérard Poyer admet que cela fait des années que la filière cherche des solutions pour gérer sa production. « Il y en a, assure-t-il. Peut-être le monde de l’agriculture a-t-il besoin d’un renouveau. Nous sommes dans une période difficile, de laquelle nous nous relèverons. » L’assainissement de la situation se fera par le prix, mais pas uniquement, selon Gérard Poyer, qui attend du gouvernement la mise en place d’une solide politique d’exportation. « Il faut regagner des parts de marchés, martèle-t-il. Nous avons des voisins qui y arrivent, ils sont attractifs. Je pense à l’Irlande, qui exporte à tout va pendant qu’en France, au moindre malaise, avec 3 % de production en plus, c’est la crainte de voir les cours baisser. »

Sur le marché intérieur, Jean-Pierre Fleury propose aussi la piste de la restauration hors domicile pour absorber une partie de la production française. « Vu les volumes qui vont débarquer sur le marché, je ne veux pas voir dans les assiettes de la RHD un seul morceau importé, tempête-t-il, avant d’annoncer que, selon l’Institut de l’élevage, quelque 250 000 vaches laitières sont attendues dans les abattoirs dans les quatre mois à venir. »

Hélène ChaligneJournaliste au service de l’élevage