Alors que le ton était monté avec la Fédération nationale bovine (FNB) sur l’instauration d’un prix payé aux éleveurs, Didier Guillaume semble vouloir apaiser les tensions en prévision d’une réunion avec les acteurs de la filière bovine. « Stop à la baisse injustifiée de la rémunération de la production », clame le ministre, qui se dit « alerté par la situation dramatique des éleveurs de bovins allaitants » dans un communiqué diffusé le 4 mai 2020.

Une « mécanique perdante » qui ne peut durer

Après plusieurs alertes des syndicats agricoles depuis le début de l’état d’urgence sanitaire, Didier Guillaume partage à son tour ses inquiétudes concernant la filière. « La part du steak haché dans la valorisation d’une carcasse s’accélère, pour monter aujourd’hui à 70 %, indique-t-il. Mieux évaluer la part du prix payé par le consommateur sur le steak haché qui revient à l’éleveur devient donc un enjeu majeur. »

Le ministre soulève également l’incohérence qui règne en ce temps de crise, entre l’augmentation des achats des ménages de viande hachée, fraîche ou congelée, et la baisse des cotations entrées abattoirs proposées aux éleveurs. « Cette mécanique perdante n’est ni admissible, ni soutenable pour les éleveurs, comme pour toute la filière viande française à très court terme », estime-t-il.

« Les pouvoirs publics ont leur mot à dire »

Par le partage des données officielles « sur la réalité de la consommation, sur les chiffres des abattages et des exportations et sur le nombre d’animaux stockés en ferme » avec l’ensemble des acteurs de la filière, Didier Guillaume compte « voir comment la transparence et les efforts fournis par chacun des maillons de la chaîne auront comme conséquence une meilleure répartition de la valeur […]. »

Enfin, si le ministre maintient que l’intervention publique n’est pas une solution pour « pallier une organisation économique structurellement déséquilibrée », il indique tout de même que « les pouvoirs publics ont leur mot à dire ».

Lucie Pouchard