« L’état des lieux est accablant, a lancé Jean-Pierre Fleury, lors de son discours à l’assemblée générale de la FNB (Fédération nationale bovine) ce 2 février 2017, à Nevers (Nièvre), qu’il préside. Les revenus des éleveurs de bovins à viande se seraient effondrés de 40 à 50 % en un an. 15 000 exploitations spécialisées sur 80 000 seraient au bord de la faillite. »

Une filière qui ne fonctionne plus

« Quelque chose ne fonctionne pas dans la formation des prix. » Et de fustiger le recours au complément de prix « qui a pour unique objet de ne pas l’intégrer à la cotation ». Le président de la FNB dénonce aussi une entente entre les acheteurs pour maintenir les cotations au plus bas. Face à ce constat, il appelle à un « inversement de la logique de la construction des prix en partant de la production ».

C’est tout le principe de la démarche de « cœur de gamme » mise en place en juin 2016 par la FNB. « Éleveur et engagé »… Tel est le slogan que la FNB (Fédération nationale bovine) a choisi pour défendre sa démarche auprès des consommateurs. Quelques heures auparavant, lors d’une table-ronde, Serge Papin, le PDG de Système U (première enseigne à s’être engagée dans la démarche), avait livré sa vision.

Reprendre l’initiative

« Des éleveurs aux distributeurs, nous formons une filière, assure le distributeur. Tous ensemble, nous avons les clefs du marché. Sur un morceau vendu 17 €/kg, une augmentation de 1 €/kg du prix payé à l’éleveur n’engendre qu’une faible hausse du prix de la portion. » Depuis juin 2016, ce sont 8 000 bêtes qui ont été valorisées en « cœur de gamme » par Système U.

Avec un prix d’achat de 4,50 €/kg carcasse, le gain moyen pour l’éleveur est de 400 à 450 €/animal. Serge Papin avertit cependant : « Il faut que tous les distributeurs jouent le jeu, sinon je ne pourrais pas tenir longtemps mes troupes. »

Valérie Scarlakens