Dans un courrier adressé jeudi 16 avril 2020 à la FNB, le ministre de l’Agriculture indique que soutenir un prix minimum payé aux éleveurs de bovins à viande « pourrait se révéler in fine, contre-productive en favorisant la viande importée au détriment de la production nationale ». Des propos que le syndicalisme majoritaire peine à saisir, « après trois ans de travaux menés avec l’ensemble des filières pour revaloriser les prix agricoles au niveau du coût de production des agriculteurs ».

« Quel ministre de l’Agriculture peut, après avoir contraint les députés de sa majorité à ratifier le Ceta, refuser une telle demande des éleveurs en invoquant sa volonté de les protéger des viandes importées ? », tempête la FNB.

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Des propos « contradictoires »

D’autres incohérences dans le discours de Didier Guillaume font tiquer la FNB. Par exemple, lorsque d’un côté, le ministre « salue la grande distribution qui a joué le jeu » lors d’une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 16 avril 2020, et que de l’autre, il reconnaît qu’il n’y a « aucune raison acceptable que le prix payé aux éleveurs baisse au moment où les ventes de viandes bovines progressent en grandes et moyennes surfaces (GMS) ».

Un discours du ministre tenu devant les députés « en contradiction totale » avec le courrier adressé à la FNB en date du 16 avril « où celui-ci se satisfait de cours globalement stables qui n’atteignent que –1 % pour les gros bovins au cours de la semaine 14 », dénonce le syndicat.

« 1,33 € en dessous du coût de production »

« Quel ministre de l’Agriculture peut accepter avec tant de passivité, durant la période actuelle, que les éleveurs vendent leurs animaux à un prix encore plus bas, alors que celui-ci stagnait déjà depuis des années bien en dessous de leur coût de production ? », s’insurge la FNB.

Le « prix payé au producteur, contrairement au prix payé par le consommateur, a enregistré une nouvelle baisse la semaine dernière et se situe désormais 1,33 € en dessous du coût de production des éleveurs pour la catégorie de vaches de races à viande », appuie le syndicat.

Devant « l’absence d’action concrète du Gouvernement », « la FNB prend ses responsabilités en amplifiant son appel aux éleveurs à maintenir leurs animaux en ferme, en dépit des conséquences économiques que cela engendrera pour leurs exploitations, déjà à bout de souffle », déclare son président, Bruno Dufayet.

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Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les tarifs se maintiennent

Même si les commandes dans les magasins sont moins nombreuses pour la fin du mois de septembre 2021, les disponibilités restent globalement assez modestes. Ceci permet de maintenir les cours dans le secteur allaitant comme laitier.