« Les actions des agriculteurs, en mettant sous pression [la grande distribution, NDLR], ont fait bouger les choses. » C’est ce que Stéphane Le Foll a déclaré le 9 septembre 2016, après que trois distributeurs ont cédé à l’appel lancé par la FNB (Fédération nationale bovine) à revaloriser le « cœur de gamme », c’est-à-dire de la viande issue du cheptel allaitant.

Présent à Terres de Jim, organisé par Jeunes Agriculteurs (JA) en Vendée, Stéphane Le Foll a assuré son soutien au développement du cœur de gamme. « Ces actions ont été maîtrisées par les syndicats, et ça, je le salue, poursuit-il. Elles ont débouché sur une négociation, une discussion et un accord. »

Des modalités en cours de discussion avec la FNB

Après que Carrefour a accepté, mercredi 7 septembre, de distribuer au moins 50 % de viande de « cœur de gamme » et de rémunérer les éleveurs suivant leurs coûts de production, E. Leclerc a promis, dans un communiqué de presse, qu’il revalorisait aussi cette production. Michel-Edouard Leclerc et Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, doivent discuter des modalités demain, le mardi 13 septembre.

Puis c’est au tour d’Intermarché de s’engager à mieux rémunérer les éleveurs, avec une revalorisation de 1 €/kg. Dans un communiqué de presse, l’enseigne assure vouloir « développer des partenariats durables [avec les éleveurs, NDLR]. Dans le cadre de la crise que traverse actuellement le secteur bovin, le groupement renforce, comme il l’a toujours fait, son engagement auprès des éleveurs et valide bien évidemment la démarche de cœur de gamme. »

Néanmoins, la FNB soulève une contradiction dans l’annonce d’Intermarché, celle-ci intervenant « après un refus exprimé clairement, il y a quelques semaines par Intermarché de s’engager dans le cœur de gamme ». Le syndicat attend donc que des modalités concrètes soient définies.

Auchan aussi

Enfin, Auchan recevra Jean-Pierre Fleury jeudi 15 septembre, afin de déterminer comment le groupe revalorisera comme ses concurrents la production allaitante, assurant que cette dernière représente « déjà une part significative du rayon de boucherie », et qu’une « large partie de la production de race allaitante fait déjà l’objet d’une valorisation particulière par l’enseigne ».

Au début de l’été, Système U avait mis le pied à l’étrier en s’engageant à revaloriser les prix de la viande bovine à hauteur de 1 €/kg en moyenne. En opération de dégustation dans un de leur magasin, vendredi 9 septembre, le président de la FDSEA du Puy-de-Dôme, Christian Peyronny, déclare à l’AFP : « La signature de ces accords est un bon début. Maintenant il ne faut pas casser cette belle dynamique et continuer à mettre la pression sur Leclerc mais aussi sur le secteur de la restauration qui pourrait à son tour valoriser les races à viande sur leurs cartes. »

Hélène ChaligneJournaliste au service de l’élevage