En 2016, les abattages de bovins ont augmenté en têtes et en poids, avec des évolutions contrastées selon les catégories. Cette progression tient essentiellement aux envois de vaches laitières dans les abattoirs : + 2,9 % en têtes et + 3,2 % en poids par rapport à 2015. Entre 2013 et 2016, ces abattages de vaches laitières ont augmenté de 16 % principalement en raison de la crise laitière, estime le ministère dans sa note de synthèse.

Les abattages de vaches allaitantes sont repartis à la hausse en 2016 (+ 3,9 %). La sécheresse de l’été et son impact sur les productions fourragères ont conduit les éleveurs à augmenter les mises à la réforme avant l’entrée dans l’hiver. Dans le même temps, les abattages de bovins mâles reculent de 3,4 % en têtes et de 2,5 % en poids. Ceux de veaux de boucherie sont stables en têtes (+ 0,1 %) et en poids (+ 0,4 %), en raison d’un sensible alourdissement du poids moyen des carcasses (+1 kg).

Une baisse généralisée des cours

L’année 2016 se caractérise par une baisse généralisée des cours des bovins finis, malgré une légère reprise en fin d’année. Compte tenu du volume que représentent les carcasses de vaches laitières sur le marché de la viande bovine, la baisse de leur prix pèse sur les autres catégories (vaches allaitantes et jeunes bovins), les tirant également à la baisse.

Les cours des veaux de boucherie restent, en deçà du niveau moyen de 2015 (- 1,7 %) et de la moyenne 2010-2014 (- 5,2 %), conséquence d’une fin d’année médiocre. Concernant les bovins maigres, les cours se sont globalement maintenus, + 0,6 % en moyenne par rapport aux cours de 2015.

Commerce contrasté

En 2016, le déficit du commerce extérieur de la viande bovine française se réduit, passant de -109 000 à -75 000 tonnes équivalent carcasse. Si le redressement de la production française de bovins finis s’est poursuivi (+ 0,8 % en têtes et + 1,1 % en poids par rapport à 2015), les exportations, toutes catégories confondues, reculent de 4 % en têtes et en poids.

En bovins maigres, la détection en septembre 2015 de foyers de Fièvre catarrhale ovine (FCO) en France a fortement perturbé le marché. Les ventes de broutards légers vers la Turquie ont chuté de 71

000 animaux en 2015, à près de 9 800 en 2016, soit une baisse de 86 %. Au total, les exportations de broutards légers ont reculé de 18 % (- 56 000 têtes) entre 2015 et 2016.

Dès la mise en place des conditions réglementaires et sanitaires suite à l’épisode de FCO, le marché des broutards lourds est reparti à la hausse. Les exportations de cette catégorie ont progressé de près de 12 % (soit + 86 000 animaux) sur un an, et de 11 % par rapport à la moyenne 2010-2014 (soit + 81 500 têtes). Ces broutards sont destinés à près de 94 % au marché européen, et plus spécifiquement à l’Italie (87 % des broutards lourds exportés par la France).

Au total, les exportations de broutards se sont accrues de 2,9 % par rapport à 2015 et de près de 5 % par rapport à la période 2010-2014.

V. Gu.