« Les praticiens installés en milieu rural ont ainsi de grandes difficultés pour recruter des aides, trouver un remplaçant ou un repreneur de leur clientèle », rapporte le centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture, dans un rapport publié le 28 novembre 2019.

Si le recul du nombre d’élevages explique en partie cette tendance, la moindre attractivité de l’exercice dans les campagnes est prégnante : « isolement, pénibilité, horaires variables et contraints, y compris astreintes de week-ends, pressions familiales en faveur d’une vie en ville ou plus proches des villes », pointe le rapport.

Binôme vétérinaire-éleveur

Résultat : l’activité rurale centrée sur les animaux d’élevage, « pierre angulaire de la profession vétérinaire dans les années 1960-70 » se réduit au profit d’une pratique « urbaine et périurbaine affectée aux animaux de compagnie et aux chevaux de sport et loisir ». Une situation qui met à mal le maillage territorial « indispensable au maintien de la santé des animaux d’élevage, reposant traditionnellement sur le binôme vétérinaire-éleveur ».

Car les vétérinaires assurent une mission de suivi sanitaire pour le compte de l’État. « Par le passé, l’application de prophylaxies médico-sanitaires a ainsi permis l’éradication de grandes maladies d’élevage », souligne le ministère. Les pratiques de prophylaxies plus spécifiquement sanitaires à partir des années 1990 ont toutefois « ôté certaines activités rémunératrices aux vétérinaires ruraux (vaccinations systématiques, tuberculinations, etc.). » Nombre de cabinets se sont ainsi adjoint une activité canine, pour rentabiliser leur exercice.

Structures collectives en réseau

Reposant longtemps sur un « modèle libéral en exercice individuel », l’exercice vétérinaire fait « de plus en plus souvent place à ces structures collectives », telles que les cabinets en groupe ou les cliniques. Ces dernières se mettent également en réseaux, sous forme d’entreprises commerciales ou de franchisés. Ces organisations « évitent aux professionnels les démarches administratives de l’installation individuelle et offrent une ambiance de travail collaboratif, avec des horaires adaptés ».

En élevage, l’émergence des applications de santé « facilite la prévention des maladies, grâce au recueil de données pouvant annoncer le vêlage, les périodes d’œstrus, et des troubles divers ». Pour autant, le rapport ministériel souligne toute l’importance des métiers paramédicaux tels que les techniciens d’insémination.

V. Guyot