Les bonnes pratiques commencent dès le vêlage, avec le travail sur l’immunité du veau. Thierry Lorent, vétérinaire, en a rappelé les principaux points lors d’une conférence. « À la naissance, l’immunité est très basse, a-t-il souligné. L’acquisition de l’immunité passive est liée à l’absorption du colostrum. Qualité, quantité et timing doivent être au rendez-vous. » La traite du colostrum doit notamment s’effectuer dans de très bonnes conditions d’hygiène, pour éviter la contamination du tube digestif du veau. Un échec de transfert de l’immunité multiplie par huit les risques de maladies et par cinq la mortalité.

L’immunité active, issue du propre système immunitaire du veau, s’installe par la suite. Il existe un décalage entre la mise en place de cette seconde immunité et la perte d’efficacité de la première. Durant cette période critique, surnommée « gap immunitaire », la pression microbienne du milieu doit être à son minimum.

Thierry Lorent a également insisté sur l’importance de la désinfection du nombril, « seule voie d’entrée des pathogènes laissée sans protection par l’organisme ». Une étude menée par son cabinet vétérinaire montre que plus de la moitié des veaux morts et autopsiés avant l’âge d’un mois présentaient un nombril infecté.

Un transport « zéro stress »

Le transport des petits veaux a généralement lieu en plein « gap immunitaire ». « Il faut que l’animal soit en parfaite santé au départ, expose Thierry Lorent. L’introduction d’une alimentation solide en fin de première semaine serait très bénéfique. Dans tous les cas, le transport se prépare en amont. »

Béatrice Mounaix, de l’institut de l’élevage, a présenté les trois points clefs pour assurer un transport de qualité :

  • une ambiance la meilleure possible dans le camion, les veaux étant particulièrement sensibles aux variations de températures et d’humidité. Une bonne litière absorbe l’humidité et sert de barrière thermique. L’espace disponible, en surface mais également en volume, doit être suffisant.
  • Le chargement est l’étape la plus stressante car le changement d’environnement est total. Une pente faible, une zone d’embarquement aménagée en tenant compte des perceptions sensorielles des veaux (éviter les contrastes visuels) et un environnement calme sont fortement recommandés.
  • Une durée de transport « raisonnable » permet de contenir le niveau de stress, qui a un fort impact sur l’immunité

Développer le dialogue entre les filières

« La filière veau exige des veaux de qualité, sans pour autant les rémunérer à leur juste valeur », a remarqué une éleveuse présente au symposium. « L’interprofession souhaite se rapprocher de la filière lait, lui a répondu Marc Butruille, vice-président de la section veau d’Interbev. Nous pourrions nous inspirer de ce qui se fait aux Pays-Bas, et mettre en place un traçage du veau de sa naissance à son abattage. À terme, nous pourrions imaginer un retour financier au producteur laitier, en fonction de la performance de l’animal. »

Valérie Scarlakens
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

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