Chandam, une nouvelle marque de vêtements fabriqués à partir de laine française, démarre sur les chapeaux de roues. Dès sa première collection, qui vient de sortir, elle enregistre plus de 150 préventes.

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Les pulls, vestes, écharpes et bérets en laine aux couleurs vives originales tricotées produites sur le territoire semblent plaire. Le but des deux fondatrices est de multiplier rapidement ce chiffre prometteur, mais surtout de s’approvisionner en laine issue principalement de mérinos d’Arles français.

Des fibres longues et fines

« Les toisons de ces brebis correspondent à nos besoins, car les fibres sont longues et fines, explique Eléonore Bricca, cofondatrice de la nouvelle marque. Nous avons déjà sélectionné les toisons d’un éleveur des Alpes-Maritimes sensible à la valorisation de la laine. »

La marque naissante a payé le kilo de laine 2,50 € à cet exploitant. C’est un prix plus élevé que celui du marché qui s’est effondré ces dernières années. Le tarif n’offre toutefois pas beaucoup plus que la somme nécessaire pour payer le tondeur. Pour autant, la responsable n’exclut pas des revalorisations en fonction des résultats.

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Recruter des éleveurs

« Nous avons pour l’instant beaucoup de contraintes pour équilibrer les comptes, ajoute Eléonore Bricca. Notre ambition est de travailler en étroite relation avec les éleveurs et tous les maillons de la filière », ajoute Eléonore Bricca.

Pour l’heure, Chandam continue à recruter des éleveurs. « Ils doivent tondre le plus proprement possible, explique-t-elle. Nous discutons aussi avec eux pour trouver des solutions pour marquer les animaux avec de la peinture dans des endroits où la fibre est plus courte. Nous aimerions aussi que la sélection génétique prenne en compte la laine au même titre que les autres critères d’élevage comme la conformation. »

Tondre avant la mise bas

La tonte juste avant l’agnelage est une autre technique préconisée. « L’allaitement est une période où les brebis sont très sollicitées, précise Eléonore Bricca. Les fibres fabriquées à ce moment-là sont plus fragiles, plus cassantes. En tondant, juste avant cette phase délicate, les fibres les plus frêles se retrouvent à une extrémité. Cela préserve au maximum la longueur des brins. »

Les autres maillons de la fabrication, lavage, tricotage, teinture… se font dans un rayon de 500 km entre la France et l’Italie. Les vêtements de la collection sont disponibles sur le site de la marque. Ils s’adressent à une clientèle aisée. Le montant moyen du panier des clientes s’élève à 270 € en moyenne.

Marie-France Malterre