L’heure est donc au bilan. Pour faire suite à la mise en place de l’étiquetage obligatoire du pays d’origine sur les viandes fraîches, réfrigérées et congelées de porcs, d’ovins, de caprins et de volailles depuis le 1er avril 2015 (1) dans le cadre de la législation européenne, Bruxelles a publié, le 10 août 2021, une analyse d’impact (2).

Pour la Commission européenne, « tous les objectifs des règles d’étiquetage de l’origine ont été globalement atteints ». En plus d’apporter des informations « nécessaires et utiles » à l’acte d’achat, les règles ont été introduites « sans perturbation des échanges, sans augmentation évidente des prix pour les consommateurs et sans charge inutile pour les opérateurs et l’administration », soutient le rapport d’évaluation.

En accord avec les préoccupations des citoyens

La provenance des viandes de porc, de mouton, de chèvre et de volaille — en plus de celle de bœuf — est apparue comme une « préoccupation importante des consommateurs dans leurs décisions d’achat », confirme l’analyse d’impact de la Commission.

Toutefois, « leur compréhension des termes et définitions du règlement utilisés sur les étiquettes est faible, jetant un doute sur la clarté et l’utilité finale des informations fournies aux consommateurs ».

Hétérogénéité dans la qualité des contrôles

Sur les autres aspects, l’analyse d’impact a identifié des « différences dans la robustesse des contrôles et de la surveillance » entre les États membres de l’Union européenne. Bien qu’aucun problème systématique n’ait été relevé, « un échange et une mise en commun accrus des bonnes pratiques de contrôle pourraient être utiles pour surveiller la conformité », soumettent les experts.

Ces résultats viennent alimenter une réflexion plus large de l’étiquetage des denrées alimentaires et de l’information des consommateurs, dans le cadre de la stratégie « de la ferme à la table ».

Mieux cerner l’impact environnemental des produits

Parmi les possibilités identifiées, la Commission européenne évoque une analyse plus approfondie de la cohérence et une harmonisation potentielle avec d’autres viandes et denrées alimentaires. Car « les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux informations sur le pays d’origine, et ce pour tous les produits carnés et tous les segments du marché, en particulier pour les types de viande qui ne sont pas couverts par le champ d’application actuel du règlement », constatent les experts. Ces derniers évoquent à titre d’exemple la viande vendue en vrac au détail (c’est-à-dire non préemballée) et la viande vendue par le biais des services de restauration.

Par ailleurs, les préoccupations grandissantes des consommateurs vis-à-vis de la protection de l’environnement poussent à « poursuivre les efforts pour mieux comprendre l’impact environnemental et commercial des règles d’étiquetage d’origine ».

« L’étiquetage obligatoire de l’origine et un nouveau cadre d’étiquetage des denrées alimentaires visent à donner aux consommateurs les moyens de faire de meilleurs choix alimentaires, facilitant ainsi le passage à une consommation durable et à des régimes alimentaires sains », poursuit la Commission. Les enseignements tirés de l’évaluation pourraient contribuer à mieux promouvoir la consommation d’aliments sains et respectueux de l’environnement, selon elle.

Lucie Pouchard

(1) En référence au règlement (UE) 1337/2013 établi dans le cadre de la législation européenne relative à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.

(2) L’analyse tient compte de la situation sur le marché unique de l’Union européenne (UE) à partir de 2015 et dans l’UE à 28 États membres, et couvre les cinq principaux critères d’évaluation : efficacité ; efficience ; pertinence ; cohérence ; et valeur ajoutée de l’UE.