Alors, comment la Fefac, la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés, imagine-t-elle 2020 ? Globalement, elle table « sur une production d’aliments composés stable en 2020, avec une marge d’incertitude de plus ou moins 2 % en raison des nombreux paramètres imprévisibles en jeu », prévient-elle dans les prévisions qu’elle a publiées le 5 décembre 2019

Elle considère que la demande de la filière avicole dépendra de la façon dont le Brésil revient sur le marché mondial. Son image reste marquée par la fraude qui a touché son secteur de la viande voilà deux ans. La reprise de ses exportations vers l’Union européenne pèserait sur la production communautaire de volailles. La Fefac reste prudente en annonçant une variation de la demande d’aliments dans une fourchette de –0,5 à +1,5 %.

La menace de la peste porcine

Dans le secteur porcin, la production d’aliments resterait stable dans les pays indemnes de peste porcine africaine, qui seront les seuls à pouvoir répondre à la demande en viande porcine des pays tiers. En revanche, les États membres touchés par la maladie ont peu de chance de redevenir indemnes. Et l’élevage néerlandais « est soumis à une forte pression pour la réduction de ses émissions, ce qui peut entraîner une décapitalisation ».

La filière porcine européenne reste sous la menace du virus de la peste porcine africaine. © Y. Cainjo/GFA

« En conséquence, la production d’aliments destinés au secteur porcin devrait rester stable en 2020 dans le “meilleur des cas”, espèrent les fabricants européens d’aliments du bétail. Bien sûr, si la peste porcine se répandait dans les principaux bassins de production de porcs que sont l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas, les perspectives pourraient être considérablement affectées. »

À lire aussi : Peste porcine africaine, l’Allemagne sur le qui-vive (11/12/2019)

Retour en arrière

Sur quel bilan s’achève 2019 ? La filière bovine connaît une forte baisse des volumes. Les ventes au premier trimestre de l’année 2019 ont augmenté à cause de la sécheresse qui a sévi en 2018 et de son impact sur les stocks de fourrages. Pour le reste de l’année, le retour à la normale sur le plan climatique et l’augmentation des restrictions concernant les émissions de phosphore dans certains états membres ont débouché sur un repli de 2,3 % de la demande.

À lire aussi ; Une baisse généralisée du cheptel bovin européen (13/12/2019)

Toujours premier en volume, le secteur avicole reste sur une dynamique légèrement positive, avec des fabrications annoncées en hausse de 0,1 %. Mais « c’est bien en deçà de la hausse attendue de la production de viande de volailles qui devrait atteindre +2,5 % en 2019, analyse la Fefac. Cela pourrait s’expliquer par une forte augmentation des importations de viande de volaille, en particulier du Brésil, et grâce aux gains en termes d’efficacité des aliments. »

Viennent ensuite les aliments pour la filière porcine, dont les ventes reculeraient de 0,9 % en 2019. La Fefac souligne pourtant un certain nombre d’opportunités d’exportation comme les ravages de la peste porcine en Asie ou la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis qui semble arriver à son terme. Mais les pays de l’Union européenne touchés par la PPA accusent eux aussi une chute des volumes d’aliments consommés : –15 % en Roumanie et –9 % en Bulgarie.

E.R.
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les tarifs se maintiennent

Même si les commandes dans les magasins sont moins nombreuses pour la fin du mois de septembre 2021, les disponibilités restent globalement assez modestes. Ceci permet de maintenir les cours dans le secteur allaitant comme laitier.