« Nous disposons désormais d’indications que cet usage illégal du fipronil [pour désinfecter des élevages de poules pondeuses] avait déjà lieu en 2016 », a indiqué Sabine Jülicher, la patronne de la direction générale de la sécurité sanitaire de la Commission européenne.

34 pays touchés

« Ceci a commencé, selon ce que l’on sait, en septembre 2016 », a-t-elle précisé devant le Parlement européen, expliquant se fonder sur des échantillons historiques mis de côté par certaines entreprises. Rappelons que cette affaire a éclaté au grand jour au début d’août.

Cette crise touche désormais 34 pays : 22 de l’Union européenne, mais aussi la Suisse, la Norvège et le Liechtenstein. Et neuf pays non européens : Hong Kong, le Liban, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Liberia, la Russie, l’Afrique du Sud, l’Angola et l’Irak, selon la Commission européenne.

Surtout aux Pays-Bas et en Belgique

La fraude a surtout été pratiquée aux Pays-Bas et en Belgique, où respectivement 258 et 93 élevages ont un temps été bloqués par les autorités. La Commission fait aussi état de soupçons ayant mené à des blocages en Allemagne (7 élevages), en France (1), en Italie (10) et en Hongrie (2).

En Belgique et aux Pays-Bas, plusieurs sociétés sont dans le collimateur de la justice pour avoir mélangé du fipronil, mais aussi d’autres substances interdites, à un produit contre le pou rouge présenté comme « naturel » et commercialisé sous le nom DEGA 16.

Alerte en juillet 2017

Quand elle a donné l’alerte auprès de ses partenaires européens le 20 juillet, la Belgique a mentionné le fait que le DEGA 16 contenait également de l’amitraze, selon la Commission. Néanmoins, « aucun résidu d’amitraze n’a été trouvé dans des œufs examinés », a précisé Sabine Jülicher.

L’exécutif européen va lancer « une enquête dans toute l’Europe pour contrôler l’usage de substances illégales sur des poules pondeuses contre le pou rouge », notamment le fipronil et l’amitraze. La crise a montré « qu’il vaut mieux garder un œil ouvert », a souligné Sabine Jülicher.

AFP