Mauvaise année pour la paille : avec une pluviométrie excessive au moment des implantations, 7,5 % des surfaces de blé tendre d’hiver n’ont pu être semées, soit environ 4,6 Mha, estime le Modef. Conséquences : les prix de la paille et du foin s’envolent, avant même que la récolte ne soit terminée.

« En 2019, les prix de vente en paille ont atteint des records jusqu’à 200 €/t dans le Cantal, rappelle le Modef dans un communiqué du 17 juillet 2020. Les éleveurs sont très inquiets car s’ils devaient subir une autre année de sécheresse avec des stocks alimentaires bas, voire inexistants, ils ne pourraient pas sécuriser l’autonomie alimentaire sur les fermes. De plus, les prix de la viande baissent depuis le coronavirus entraînant des difficultés supplémentaires. »

> À lire aussi : Ressource en eau, la Confédération paysanne réclame des mesures pour préparer la sécheresse (17/06/2020)

Interdire le broyage

Le syndicat réclame une « interdiction immédiate du broyage de la paille et de maïs dans tout le territoire français et l’interdiction des cultures agricoles dédiées à la méthanisation ». « Le Syndicat des exploitants familiaux est scandalisé que la ministre de la Transition écologique et solidaire autorise que les résidus de paille ou de maïs servent à alimenter les méthaniseurs », rapporte-t-il.

Le Modef demande, de plus, l’autorisation de récolter les jachères à titre gratuit, à partir du 20 juillet 2020, « afin d’éviter un déficit de fourrages pour cet été ». « Nous revendiquons aussi un prix plafond à 75 €/t (transport intégré) pour la paille et 90 €/t pour le foin (transport compris) afin de stopper la spéculation sur la paille et le foin », ajoute-il, soulignant l’urgence de la situation pour les éleveurs et leurs trésoreries.

J. Papin