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Soja et élevage, le pari du local

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François Lacome (à g.) et Hervé Bies, producteurs de soja non-OGM dans le Sud-Ouest et éleveurs, apprécient de nourrir leurs bêtes avec les tourteaux issus de leurs cultures. © F. Jacquemoud

La filière du soja non-OGM qui se structure autour de l’usine de trituration Sojalim, afin de nourrir les élevages de la région, est en passe de gagner son pari.

Pour François Lacome, éleveur de volailles label rouge à Pessoulens (Gers), le soja est une aubaine. « Je cultive 15 ha irrigués qui me procurent la meilleure marge brute de toutes mes céréales. Afin de nourrir mes bêtes, je récupérerai bientôt des tourteaux fabriqués à partir de mes graines, comme je le fais déjà avec mon maïs, moulu à façon. Je remarque autour de moi que les agriculteurs sont fiers de produire du soja pour l’alimentation animale locale. »

Un bon précédent pour le maïs

Hervé Bies, engraisseur de porcs à Ponson-Debat-Pouts (Pyrénées-Atlantiques), va faire de même. Il cultive aussi 15 ha, dont 10 ha correspondant à la consommation de ses bêtes. Mais il souhaiterait arriver à 30 ha, car le soja est un très bon précédent au maïs, qui donne ensuite 20 q/ha de plus que sa moyenne, avec moins d’azote.

Relancée en 2013 par Euralis de façon à proposer une diversification et alimenter les filières animales de qualité, la culture du soja regroupe 750 adhérents, qui cultivent 6 200 ha sous charte Soja de France. En 2018, ils ont récolté 20 500 t de graines conventionnelles, un effort que la coopérative valorise en leur versant une prime de 15 €/t. L’outil de trituration Sojalim, bâti à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) par le fabricant d’aliments pour bétail Sanders Euralis et Sofiprotéol, transforme ce soja en tourteaux et en huile depuis juillet 2017.

« Cela nous a permis de stopper toute importation pour nos deux usines de Vic et de Lons (Pyrénées-Atlantiques), se félicite Michel Vernet, directeur général de Sanders Euralis et président de Sojalim. Cette année, nous allons aussi triturer 7 000 à 8 000 t de soja bio français, acheté à Agribio Union. La demande est croissante. »

Désirs du consommateur

Tout repose sur les exigences du consommateur, relayées par les distributeurs, qui veulent une alimentation du bétail à base de produits locaux. Le groupe Fipso, spécialisé dans le porc du Sud-Ouest, est engagé dans une filière qualité Carrefour tendant vers une alimentation 100 % d’origine France. Il achète aujourd’hui 250 t de tourteaux Sojalim par mois et a diminué ses importations de moitié.

« Cette solution est viable grâce à la qualité des tourteaux », précise Sébastien Labrouche, responsable technique. « Euralis, de son côté, nourrira tous ses poulets label rouge au soja non-OGM local, dès le 1er janvier 2020, ce qui nécessitera 3 000 t de graines, ajoute François Lacome. Afin de consolider la filière, il faudrait proposer des contrats sur trois ans aux cultivateurs. Cela sécuriserait leurs marges et garantirait l’approvisionnement de l’usine Sojalim. »

Florence Jacquemoud

Qualité des tourteaux

« Nous ne fabriquerons pas du tourteau de soja au même prix que l’importation, reconnaît Michel Vernet, président de Sojalim. Mais grâce à un procédé innovant, nous obtenons des tourteaux à plus de 48 % de protéines (contre 45 à 46 % pour les importés), 9 % de matière grasse et un faible taux d’humidité. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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