Valoriser la laine mérinos d’Arles, c’est l’objectif des éleveurs de cette race de brebis typique du pays d’Arles. Réputée pour sa finesse, son gonflant et ses propriétés respirantes, elle est toujours mieux payée, mais à un niveau jusque-là insuffisant.

35 éleveurs pour le mérinos d’Arles

Il y a trois ans, 35 éleveurs du Sud-Est ont donc monté le collectif pour la promotion du mérinos d’Arles (CPMA). « Nous l’avons créé pour développer des vêtements techniques, indique Lionel Escoffier, son président. Nous vendons la laine brute à un industriel allemand. Cent tonnes à l’heure actuelle, soit deux fois plus qu’au démarrage, et il existe du potentiel pour 20 tonnes supplémentaires. »

Cette matière première est traitée à Biella (Italie), où il subsiste encore des filatures. Les vêtements sont ensuite fabriqués à Roanne (Loire). Après une gamme de chaussettes, une ligne de vêtements va sortir au printemps 2022. Tout est signé La Routo, une marque déposée par la Maison de la transhumance.

Un revenu non négligeable

La gamme est commercialisée chez Approach, une chaîne spécialisée, et par des éleveurs. Prochaine étape : la constitution d’une société commerciale dans laquelle le client allemand et les éleveurs seront associés. En attendant, le prix de la laine Mérinos a fait un bond : 1,10 €/kg contre 0,80 €/kg, voire en deçà, au cours des dernières décennies.

Une association de vingt éleveurs

Autre initiative, celle de l’association Mérilainos, qui regroupe une vingtaine d’éleveurs depuis 2012. « Nous voulions nous réapproprier ce produit », indique Myriam Arnaudy, éleveuse à Arles (Bouches-du-Rhône). « Au départ, nous transformions deux tonnes, aujourd’hui c’est cinq tonnes, soit quelque 24 000 pelotes, souligne-t-elle. Chacun d’entre nous s’implique à des postes différents, de la comptabilité à la création de collections de chaussettes, plaids… qui sont conçus en France. »

Les éleveurs commercialisent ces produits en direct. Pour Myriam Arnaudy, le revenu lié à la laine s’élève aux alentours de 8 000 €/an, l’équivalent de l’aide à la surface qu’elle ne perçoit plus. Des artistes et des designers s’intéressent de plus en plus à la production de ces éleveurs. De nouveaux débouchés en perspective.

Chantal Sarrazin