Alors que la commercialisation de ses succédanés végétaux de bacon et de lardons commence à peine, la start-up La Vie vient de lever 25 millions d’euros auprès de fonds d’investissement et de célébrités engagées pour la protection de la planète.

« Nous sommes les seuls au monde aujourd’hui à avoir réussi à développer un gras végétal qui va cuire, frire, infuser et caraméliser », comme le ferait du gras animal, vante à l’AFP Nicolas Schweitzer, cofondateur et PDG de la jeune pousse française de substitut à la viande.

Technologie brevetée pour reproduire le goût du porc

Fondée en 2019, La Vie a eu l’idée, pour se différencier d’autres marques végétales, de travailler la question du gras qui donne un goût caractéristique à la viande animale. Elle a breveté une technologie de gras à base de plantes qui, « après trois ans de recherche et développement et 5 000 essais, réussit le pari un peu fou de reproduire le goût du porc », revendique Nicolas Schweitzer. « Tout de suite, les investisseurs disaient : “Ah oui, quand même”. »

Le gras des substituts de bacon et de lardons de La Vie est composé d’huile de tournesol et d’eau travaillés selon un process particulier. Le maigre contient de la protéine de soja (européen), du sel, des colorants (peau de radis ou de tomate) et des arômes naturels.

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Nutriscore C

Des fonds de capital-risque (Seventure, Oyster Bay, Partech…) ont investi. De même que, à titre personnel, plusieurs patrons de start-up européennes à succès (Oatly, Vinted, Back Market, BlaBlaCar). Natalie Portman s’est elle aussi laissée séduire après avoir testé les produits.

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La Vie fait valoir que ses produits sont « meilleurs » pour la santé des consommateurs, « 11 fois moins de graisses saturées » que le porc, pour celle de la planète, « sept fois moins d’émissions de gaz à effet de serre », et enfin pour celle « du cochon ». Les lardons ont obtenu un Nutri-Score C. « Moins bien que des brocolis mais mieux que des lardons de porc », relève l’emballage de la barquette.

Concurrence sur le marché

La jeune entreprise n’est pas seule sur le marché. « Le Bon végétal » de Herta est très présent au rayon « traiteur végétal ». Fleury Michon, des marques de distributeurs, et Beyond Meat y débarquent. La start-up française « Happyvore » (ex-Nouveaux fermiers) propose elle aussi des simili-lardons végétaux, moins gras et coupés plus gros, des simili-saucisses…

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Les substituts de lardons de La Vie sont vendus chez Carrefour, et pour 2022 la marque vise la totalité des enseignes de grande distribution en France. Également présente dans des restaurants vegans et végétariens, elle compte nouer des partenariats avec les géants de la restauration rapide.

Au-delà de la France, la marque veut se lancer dès avril au Royaume-Uni et compte le faire « rapidement » sur l’important marché américain, indique Romain Jolivet, directeur du marketing. La start-up, dont les produits sont élaborés en Vendée par son partenaire industriel Sodebo, va doubler ses effectifs, à 60 salariés.

Raphaëlle Borget, avec l’AFP