« Nous avons récolté cette année une troisième coupe sur une partie de nos prairies temporaires conduites en bio, alors que cela n’était jamais arrivé », observe Antoine Buteau, ingénieur en fourrages chez Arvalis à la ferme expérimentale des Bordes dans l’Indre. Au total, 10,1 ha ont pu être récoltés en troisième coupe !

Trois coupes

4,1 ha sont composés d’un mélange 100 % légumineuses (trèfle blanc + trèfle violet) et ont produit 2,5 t/ha de matière sèche (MS), soit quasi autant qu’en deuxième coupe (2,6 t MS/ha). Ils seront destinés à l’engraissement cet hiver de très jeunes bovins.

Les valeurs alimentaires de cette troisième coupe sont en cours d’analyse. Elles devaient être meilleures que celles de la deuxième coupe qui en moyenne sur 10,1 ha, s’établissent à 0,72 UFL/kg de MS pour 85 g de PDIN et 1,14 UEB.

Production des fauches des prairies en agriculture biologique à la ferme des Bordes. Source : Ferme expérimentale des Bordes

« Les meilleurs enrubannages seront utilisés comme aliment “correcteur” pour les rations hivernales, ce qui limitera la complémentation en mélange céréales-protéagineux », poursuit-il.

(Tableau des résultats des fauches)

« Beaucoup d’épis vides » sur les mélanges récoltés en grains

La production des mélanges céréales-protéagineux récoltés en grains s’est, en revanche, révélée particulièrement basse cette année sur la partie bio de la ferme. Seulement 154 q de mélange (triticale x pois ou triticale x avoine x pois x féverole) ont été moissonnés sur 9,2 ha, soit un rendement moyen de 16,8 q/ha.

« Le très faible tallage des céréales et les maladies des épis, expliquent ce résultat, déclare Antoine Buteau. Beaucoup d’épis étaient vides à la moisson. Les parcelles étaient plus sales que d’habitude. À la récolte, la coupe de la moissonneuse a dû être relevée et une partie des légumineuses sont restées au sol. »

Ce rendement de 2021 est presque trois fois plus faible que le record de 2019 qui s’affichait à 45 q/ha. Ces résultats montrent qu’il est nécessaire de s’adapter à un grand écart de la performance fourragère.

« La récolte de cette année ne couvre que 62 % des besoins en aliment concentré, ajoute Antoine Buteau. Les 70 quintaux de stock de report de 2020, nous permettront de couvrir 90 % de nos besoins. »

Marie-France Malterre