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Travert « prend le pouls » de l’élevage

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Space
 - Travert « prend le pouls » de l’élevage
© V. Guyot/GFA © V. Guyot/GFA

Le ministre de l’Agriculture inaugurait la trente et unième édition du Space ce mardi 12 septembre 2017, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Au menu, les aides Pac, les États-généraux de l’agriculture et les réponses à apporter aux attentes du consommateur.

« En venant ici, je sais que je viens prendre le pouls de tout un secteur d’activité », déclarait le ministre, ce matin dans les allées du salon. Il a pu y mesurer les attentes des acteurs des filières d’élevage. « Si on veut progresser, les distributeurs et les consommateurs doivent mettre le prix », lance Paul Auffray, le président de la Fédération nationale porcine (FNP). « Redonnez la capacité aux éleveurs d’être maîtres chez eux », renchérit Thierry Roquefeuil, le président de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL).

Un rendez-vous fixé avec la Confédération paysanne

© © C. Faimali/GFA

Pendant la visite, la Confédération paysanne a déployé un cortège et pris à partie le ministre. « Où est passé l’argent de la Pac ? », scandent les syndicalistes, dénonçant le « retard du versement des aides et le transfert du premier vers le second pilier de la Pac, venant grever le budget des aides à l’agriculture biologique et des MAE ». Réponse du ministre : « Laissez-moi rentrer au ministère, et on cale une date. »

« Make our agriculture great again »

Lors de la conférence de presse, le ministre a dressé un état des lieux des filières d’élevage, reconnaissant « une course effrénée aux prix bas, une crise des installations et une image parfois dégradée, qui doit être restaurée ». Face à ces constats, Stéphane Travert souhaite « construire ensemble », évoquant les États-généraux de l’alimentation qui doivent « permettre d’inverser cette spirale funeste aux prix les plus bas ».

Le ministre dit également réfléchir à la notion de « seuil de revente à perte ». Enfin, s’adressant aux délégations étrangères présentes, Stéphane Travert a affirmé son volontarisme dans la langue de Shakespeare. « We need to make our agriculture great again », a-t-il conclu.

V. Gu.
Le ministre demande aux agriculteurs d’écouter le consommateur

Stéphane Travert a aussi rappelé aux agriculteurs l’importance de mettre les attentes des consommateurs au centre de leurs préoccupations et non d’essayer de s’en affranchir. Elles « sont multiples, parfois complexes, reconnaît-il. Cela offre des opportunités exceptionnelles en matière de conquête de nouveaux marchés et de création de valeur ajoutée. Cela impose aussi parfois des défis nouveaux à relever. C’est notamment le cas sur le plan environnemental ou sanitaire. »

« Être les premiers à répondre aux attentes »

« La question à se poser n’est pas de savoir “comment on pourra s’affranchir de cette évolution de la demande ?”. La question à se poser, c’est “comment être les premiers à répondre aux nouvelles attentes des consommateurs ?” », assure-t-il. Au final, « celui qui décide », ce n’est pas le ministre, l’agriculteur ou le transformateur, « c’est le consommateur, qui, en conscience, vote pour chacun d’entre vous en effectuant ses achats. C’est aussi l’enjeu des Ètats-généraux de l’alimentation qui rassemblent tous les acteurs jusqu’aux consommateurs. »

Selon le ministre, « certains vivent cette évolution comme une contrainte de plus et j’ai la conviction qu’ils font fausse route. Répondre à ces évolutions et à ces attentes, c’est prendre un temps d’avance. Nous ne pouvons pas attendre que d’autres le fassent à votre, à notre place. Il faut transformer ce qui peut être perçu parfois comme une contrainte en une opportunité formidable, qui doit montrer que notre agriculture peut être multiperformante. »

La FNSEA agacée

« Cela fait longtemps que nous savons que le client est roi », lui rétorque Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, lors d’une conférence du syndicat, un peu plus tard dans la journée. Évoquant les progrès faits par les agriculteurs en termes d’environnement, de sécurité sanitaire ou de bien être animal, elle assure « tout cela, nous l’avons fait et pourtant, les prix sont toujours tirés vers le bas ».

« Le ministre ne peut pas se dédouaner en nous renvoyant vers le consommateur quand on parle des pratiques commerciales ou du droit européen de la concurrence, ils ont une responsabilité au niveau du gouvernement », renchérit Jérôme Despey, le secrétaire général de la FNSEA.

AFP
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