Le 30 juin 2020, la FNC (Fédération nationale du cheval) a adressé un courrier à Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. L’organisation l’interpelle sur la publication au Journal officiel, le 24 juin 2020, « plus d’un mois après la date officielle du déconfinement signant notamment la reprise d’une partie des activités recevant du public », d’un arrêté relatif « à la mise en œuvre d’une aide exceptionnelle pour les centres équestres et les poneys clubs ».

Une « injustice » vis-à-vis de l’ensemble des professionnels

La FNC trouve « louable d’accompagner ces gérants de centres et fermes équestres qui ont été impactés directement par la crise », mais elle relève « l’injustice qui est faite vis-à-vis de l’ensemble des professionnels de la filière notamment des éleveurs de chevaux, des gérants de structures de tourisme, des entraîneurs et des cavaliers professionnels ».

« Un tel traitement inéquitable laisse, en effet, penser que les autres secteurs de la filière n’auraient pas été frappés de cessation d’activité pendant la phase de confinement », insiste le syndicat. Il rappelle qu’avec l’appui de la FNSEA il a remis au gouvernement « un manifeste pour une sortie de crise de la filière agricole du cheval, pointant l’ensemble des conséquences à court, moyen et long termes de cette épidémie, pour tous les professionnels de la filière ».

Aider la filière de l’amont à l’aval

La FNC regrette donc le « parti pris de ne soutenir qu’une partie de la filière » en raison des « critères mis en place pour accéder à l’aide » qui excluent « d’office sortent d’office l’élevage et les agriculteurs qui valorisent les équidés avec des pensions à la ferme, des fermes pédagogiques, du travail, de l’entraînement ou encore du tourisme sans encadrant ».

La Fédération nationale du cheval rappelle au ministre qu’il y a eu « arrêt brutal de la pratique équestre encadrée, mais aussi absence d’achat, absence de valorisation des produits par les circuits touristiques et sportifs, diminution des saillies, arrêt des courses et de la transhumance des chevaux de trait ».

« C’est toute une génération de chevaux qui se retrouve chez les éleveurs, non formée, non valorisée », appuie la FNC. Elle demande donc à Didier Guillaume que « l’ensemble de la filière, de l’amont à l’aval, dans toute sa diversité et ses spécificités soit accompagné pour sortir de la crise et envisager autant que possible l’avenir… »

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M.-A. Battut