« La crise sanitaire liée au Covid-19 a provoqué une augmentation importante des charges alors que l’activité d’un certain nombre de structures a totalement cessé », souligne Marianne Dutoit, présidente de la FNC (Fédération nationale du cheval).

« Il faut continuer à nourrir les chevaux dans des conditions difficiles, alors que certains propriétaires ne paient plus la pension de leurs chevaux », poursuit-elle.

Appelle à la solidarité nationale

Cette situation intervient alors que les premiers signes de sécheresse pointent. « C’est la raison pour laquelle nous préconisons en priorité dans notre manifeste la mise en place d’une solidarité nationale, interrégions et interfilières pour nourrir tous les animaux de rente en cas de sécheresse », déclare la responsable.

« L’opération paille et foin menée par la FNSEA et JA a démontré son efficacité au cours des années précédentes. Il faut la reconduire. L’utilisation des jachères est aussi une solution à réfléchir », ajoute Marianne Dutoit.

Relancer la consommation de viande française

Autre conséquence du Covid-19, la consommation de viande de cheval a cessé totalement. « Beaucoup de grandes surfaces ne proposent plus de viande équine, indique Marianne Dutoit. Il est important de relancer la consommation de viande française. »

Elle préconise donc de « revoir la réglementation concernant l’usage de certains médicaments. Prévoir par exemple une exclusion temporaire de la chaîne alimentaire, et non définitive, dans le cas d’utilisation de certains anti-inflammatoires par exemple administrés alors qu’ils bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) sur d’autres productions animales. »

Création d’un fonds cheval

Il reste qu’un nombre important de propriétaires ne souhaite pas que leurs animaux rentrent dans le circuit de la consommation. « Nous restons très compréhensifs à l’égard de ces propriétaires, mais il est important que ces animaux bénéficient d’une fin de vie décente, dans le cas de l’équarrissage comme dans celui de l’abattage, insiste la présidente. Et une fin de vie ça coûte cher, même au pré ! »

Pour faire face, la FNC propose la création d’un fonds cheval. Il serait abondé par les fonds spécifiques régionaux déjà existants. « L’argent de la hausse de la TVA, appliquée à la vente des chevaux, entre autres, collectée depuis 2015, pourrait revenir dans ce fonds aussi », préconise Marianne Dutoit.

Il serait destiné aux fragilisés par la crise, c’est-à-dire tous les agriculteurs à titre principal ou secondaire de la filière, qu’ils soient éleveurs, entraîneurs, cavaliers professionnels, gérants de fermes, centres équestres et de pensions à la ferme, accompagnateurs de tourisme équestre, marchands de chevaux, organisateurs de concours, centres d’insémination.

Annulation des charges et aide à la trésorerie pour les structures équestres

Le retour à une TVA à 5,5 % reste un élément indispensable pour la FNC. Pour les structures équestres, recevant du public, à l’arrêt depuis les premiers jours du confinement, le syndicat demande « qu’une réflexion spécifique soit menée avec l’appui des chambres d’agriculture, tant au niveau régional que national. » L’annulation des charges ainsi qu’une aide à la trésorerie à taux zéro sont des solutions préconisées en l’absence de visibilité sur une éventuelle reprise de l’activité.

« Dans l’immédiat beaucoup de structures équestres se demandent comment leur activité va pouvoir redémarrer, ajoute Marianne Dutoit. Si on rouvre, cela risque de nous priver de certaines aides alors que nous n’aurons pas suffisamment de clients pour faire face à l’augmentation des charges. Il ne sera pas possible de rouvrir dans ces conditions. »

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M.-F. M.