C’est une première : Bruxelles a dressé un état des lieux des prairies du continent, « avec une attention particulière portée sur les pays du centre et du nord de l’Europe, particulièrement touchés par la sécheresse ». Les experts ont mesuré l’index de productivité des prairies qui quantifie la formation de biomasse, et ont regroupé les pays présentant des conditions similaires.

Coup de chaud en Allemagne

Les prairies du nord-est de l’Allemagne ont été les plus affectées par la sécheresse, subissant de hautes températures et un manque de précipitations dès le mois de mai, affectant la photosynthèse. Il faut remonter à 2003 pour retrouver des conditions similaires.

Dans le sud-est de l’Allemagne et le Benelux, les conditions de pâturages ne se sont dégradées qu’à partir de juin. Les années 2006 et 2010 sont des précédents similaires, mais d’abondantes précipitations en août avaient permis une repousse de l’herbe jusqu’en fin de saison.

Au Danemark, la situation est exceptionnelle, avec des effets de la sécheresse plus marqués qu’en 2008, où la productivité des prairies avait été inférieure à la moyenne d’avril à août. Mais en 2018, les températures enregistrées de mai à juillet ont été bien plus élevées, entraînant un plus important déficit hydrique et une sénescence précoce des prairies. Même scénario en Suède, également affectée par des pics de température entre mai et juillet.

Du mieux en Irlande et au Royaume-Uni

Depuis juin, une sécheresse exceptionnelle affecte la productivité des prairies dans le sud du Royaume-Uni et de l’Irlande. Mais des précipitations significatives ont été enregistrées à la fin du mois de juillet, 40 mm, permettant une sensible remontée de la productivité des prairies. L’année 2006 était un précédent comparable. Néanmoins, la sécheresse avait commencé un mois plus tard, en juillet, en raison de pluies abondantes au mois de mai.

La France pas encore au niveau de 2003

Dans le quart nord-est de la France, en Lorraine notamment, la situation actuelle est assez comparable à celle de 2015 et 2017. L’année la plus défavorable reste 2003, où une intense sécheresse dans tout l’Hexagone avait causé d’importants dommages aux prairies et aux maïs ensilages. À ce stade, la productivité des prairies n’est pas tombée aux niveaux les plus bas enregistrés en 2003.

Dans le centre de la République tchèque, la productivité des prairies a subi les effets de la sécheresse dès la mi-mai. Il faut remonter à 2003 et 2007 pour retrouver des situations similaires.

Les pays baltes moins touchés

Dans ce tour d’Europe, la Pologne fait figure d’exception, avec une productivité des prairies au-dessus de la moyenne dans l’est du pays. Après des pluies sporadiques à la mi-mai et pendant la première quinzaine de juin, des précipitations significatives à la fin de juin et à la fin de juillet ont permis aux pâtures de reprendre des couleurs. Les perspectives pour août sont également encourageantes.

Les conditions sont plus sèches en Lituanie, en Lettonie et en Estonie. Mais les pluies de la seconde quinzaine de juin ont limité les dégâts sur les herbages. Si la productivité des prairies était inférieure à la moyenne de juin à mi-juillet, elle retrouve des valeurs normales à la fin de juillet.

De la même manière, les précipitations survenues en juillet au sud de la Finlande sont proches des normales de saison, atténuant les effets du stress hydrique sur la productivité des prairies.

V. Gu.