La Commission européenne réaffirme son ambition de tendre vers un régime alimentaire plus végétal, « comportant moins de viande rouge ou transformée et d’autres aliments liés aux risques de cancer, et davantage de fruits et de légumes », indique-t-elle dans une série de questions et réponses publiées le 3 février 2021.

Ces mesures prises dans le cadre du plan européen pour vaincre le cancer, « en forte synergie avec la stratégie de la ferme à l’assiette », devraient être portées dans le réexamen de la politique de promotion des produits agricoles d’ici à la fin de l’année 2021.

Le financement des publicités pour la viande fait débat

Pour Greenpeace, une proposition initiale de plan de la Commission affichait des « intentions plus claires » de supprimer progressivement la promotion des aliments liés aux risques de cancer, incluant la viande rouge et la viande transformée.

L’organisation environnementale, qui reproche à la Commission d’avoir « édulcoré » cette partie du texte dans la version publiée le 3 février, demande de « mettre fin au financement communautaire des campagnes publicitaires visant à accroître la consommation de produits d’origine animale […] ».

Interrogée par La France Agricole le 12 février 2021, l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) serait plutôt d’avis que la Commission fasse « la promotion des produits français dont les modes de production sont extrêmement contrôlés, plutôt que d’ouvrir la porte à des accords de libre-échange qui favoriseraient l’arrivée de viandes ne respectant en rien les normes de production imposées aux producteurs européens. »

Un rang jugé peu pertinent

Plus largement, Interbev indique « ne pas être opposée à un régime alimentaire donnant sa place de manière proportionnée à toutes les protéines, végétales et animales. » C’est d’ailleurs tout le sens des actions menées dans le cadre de sa campagne collective « Aimez la viande, mangez-en mieux », signée « Naturellement flexitariens ».

« Toutefois, force est de constater que la viande rouge se voit classer pratiquement au même rang que l’alcool ou le tabac parmi les produits les plus dangereux pour la santé, reprend Interbev. Or, à ce jour, aucune étude scientifique ne permet d’affirmer qu’un aliment pourrait être à lui seul la cause d’un cancer qui est une maladie complexe et multifactorielle. »

Lucie Pouchard