Afin de faciliter leur utilisation en médecine vétérinaire, sans risque pour le consommateur, l’Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses) propose une méthode d’évaluation adaptée pour la mise sur le marché des préparations à base de plantes ou d’huiles essentielles.

Une reconnaissance européenne de cette méthode, basée sur une approche scientifique, permettrait « le classement LMR (1) de nombreuses plantes et éviterait que les utilisateurs aient recours à la phytothérapie et à l’aromathérapie en dehors du cadre réglementaire, comme c’est le cas actuellement », rapporte Jean-Pierre Orand, directeur de l’Anses-ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire) dans un rapport diffusé le 24 janvier 2022.

« La méthode actuelle n’est pas adaptée »

En effet, les produits à base de plantes sont de plus en plus plébiscités pour soigner les animaux, en alternative aux autres médicaments, dits allopathiques. Pour autant, « la grande majorité […] n’a pas fait l’objet de l’évaluation prévue par la réglementation sur les médicaments vétérinaires, explique l’Anses. De ce fait, ils ne peuvent pas être utilisés à des fins thérapeutiques sur des animaux producteurs de denrées alimentaires. »

« Les méthodes analytiques utilisées dans les dossiers LMR sont complexes à développer pour les médicaments à base de plantes », justifie Sophie Barreteau, adjointe au directeur de l’Anses-ANMV.

Un classement en trois catégories

Pour simplifier leur autorisation de mise sur le marché, l’Anses recommande de classer les médicaments à base de plantes en trois catégories :

  • Non préoccupantes. « Il s’agit de plantes pour lesquelles il n’y a pas besoin de définir de LMR car leur utilisation est considérée sans risque pour le consommateur » ;
  • Potentiellement préoccupantes pour le consommateur. « Leur autorisation en médecine vétérinaire devra être évaluée au cas par cas, et des études complémentaires devront être menées » ;
  • Préoccupantes. Cette dernière catégorie s’applique aux plantes « non utilisables en médecine vétérinaire du fait de leur toxicité avérée pour l’être humain et d’un possible risque pour le consommateur ».

Une reconnaissance officielle au niveau européen est nécessaire

« Attention, les conclusions de l’expertise ne donnent pas le feu vert pour leur utilisation dans des médicaments à base de plantes », alerte Sophie Barreteau. L’Anses compte présenter prochainement son travail à l’Agence européenne du médicament (EMA), en vue d’une reconnaissance officielle de la méthodologie au niveau européen.

Pour l’adjointe au directeur de l’Anses-ANMV, c’est un « pas en avant vers l’inscription des substances végétales dans une liste adaptée de la réglementation LMR et donc vers la possibilité d’utiliser des plantes et huile essentielles en médecine vétérinaire sans risque pour le consommateur ».

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Lucie Pouchard

(1) Limite maximale de résidus.