L’ingestion par les bovins de morceaux de métal serait responsable de la mort d’environ 29 000 d’entre eux chaque année dans les élevages français, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

Dans un avis publié le 24 novembre 2021, l’agence recommande d’administrer par voie orale aux bovins un aimant de quelques centimètres, « dès les premiers signes évocateurs ». Une fois dans la panse, il peut piéger les débris métalliques et éviter que ceux-ci causent des lésions en migrant dans des organes fragiles (cœur, diaphragme).

Pas de danger pour l’animal ou les consommateurs

L’Agence a étudié la dégradation de l’aimant dans le corps de l’animal. « Les expériences montrent que la dégradation est extrêmement lente et que finalement les substances qu’il contient ne sont pas de nature à présenter un danger pour l’animal » ni pour les humains consommant ces produits d’origine animale, déclare Éric Vial, directeur de l’évaluation des risques à l’Anses.

« On conclut sur un bénéfice avantages/inconvénients très en faveur de l’administration d’aimant », ajoute-t-il. Des études réalisées dans des élevages laitiers au Québec ont démontré l’efficacité de cette méthode, indique également l’Anses.

Des mesures de prévention à mettre en œuvre

Éric Vial souligne l’importance des mesures de prévention pour éviter la présence de morceaux de métal dans l’environnement des vaches. Par exemple, cesser d’utiliser des pneus usagés pour bâcher les fourrages, équiper certains matériels agricoles d’un électroaimant, afin de piéger les objets ferromagnétiques.

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La majorité des corps étrangers retrouvés dans la panse des vaches sont des fils de fer et des clous, présents sur les exploitations.

De 7 à 10 % du cheptel concerné

Outre les morts dans les élevages, environ 30 000 carcasses de bovins par an seraient totalement ou partiellement écartées de la consommation dans les abattoirs, en raison de lésions internes, poursuit l’Anses. Dans ces cas-là, la viande n’est pas valorisable.

« C’est un phénomène d’ampleur. de 7 à 10 % du cheptel sont concernés, commente Éric Vial. Les Canadiens nous ont dit rencontrer le même genre de problème. »

R.B., avec l’AFP
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Tendance à la stabilisation des prix

La fin de novembre est traditionnellement peu favorable au commerce de la viande. Avec les promotions du Black Friday, les consommateurs en profitent pour faire leurs achats de Noël. Mais contrairement aux années précédentes où les industriels devaient gérer un trop-plein de disponibilités à cette période de l’année, le déficit structurel de l’offre minimise les tensions dans le secteur aval.