La nouvelle sonne comme un coup de tonnerre. Ce jeudi 10 septembre 2020, lors d’une conférence de presse, Julia Klöckner, la ministre allemande de l’Agriculture, a annoncé la contamination d’un sanglier par la peste porcine africaine (PPA), retrouvé dans les environs de la ville de Schenkendöbern, à quelques kilomètres de la frontière avec la Pologne (voir la carte ci-dessous).

D’après l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), il s’agit d’une « carcasse décomposée d’une laie infectée. » La PPA a été détectée grâce à un test PCR. Il s’agit de la première apparition du virus dans le pays. « Cet événement se poursuit. Des rapports de suivi hebdomadaires devront être envoyés », précise l’OIE.

La carcasse infectée a été retrouvée à proximité directe de la frontière avec la Pologne. © Google Maps

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« Maintenir autant que possible les exportations »

En conséquence, l’Allemagne perd son statut de pays indemne de la PPA. Le pays risque ainsi de « voir des marchés vers les pays tiers se fermer, avance le Marché du porc breton, dans une note publiée ce jeudi 10 septembre 2020. Étant donné le niveau de ses exportations, cette découverte aura des conséquences importantes sur les équilibres actuels des marchés internationaux. »

Car l’Allemagne figure parmi les principaux exportateurs mondiaux de viande porcine. D’après l’interprofession porcine (Inaporc), sur le premier semestre de 2020, le pays se hisse au rang de troisième fournisseur de la Chine, derrière les États-Unis et l’Espagne. Or l’empire du Milieu pourrait refuser le principe de régionalisation de la PPA, permettant à un pays touché par le virus de continuer d’exporter à partir de ses zones indemnes. Avec à la clé, un risque d’encombrement du marché européen.

Ce jeudi, le ministère allemand de l’Agriculture a annoncé l’activation d’une « unité nationale de crise des maladies animales ». Il assure être « en contact étroit avec la Commission européenne » et « échanger avec les pays tiers concernés par le commerce, afin de maintenir autant que possible les exportations des zones indemnes de PPA. »

Empêcher la propagation de la maladie

Outre Rhin, l’urgence est désormais de contenir la propagation du virus. Les autorités ont d’ores et déjà annoncé des restrictions de circulation dans certaines zones, ainsi que des restrictions ou interdictions de chasse. Elles envisagent même des « restrictions ou interdictions d’utilisation des terres agricoles afin de prévenir l’émigration des sangliers. »

L’accent est également mis sur la recherche de cadavres, « afin de minimiser le risque de contamination de sangliers sains ». Le ministère allemand de l’Agriculture évoque la possibilité que des agents forestiers ou chasseurs professionnels soient « mandatés pour mener une chasse plus intensive. »

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Vincent Guyot

(1) Organisation représentant les agriculteurs européens et leurs coopératives.