Les Landes, le Gers, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Atlantiques et le Lot-et-Garonne. La liste des communes où l’abattage préventif des volailles pour faire obstacle au virus H5N8 de l’influenza aviaire hautement pathogène s’allonge. Le ministère de l’Agriculture publie ce 12 janvier 2021 un nouvel arrêté au Journal officiel qui intègre onze communes du Lot-et-Garonne à cette zone.

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Ministre sur le terrain

Hier, le 11 janvier 2021, en déplacement dans le Gers, Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture a indiqué que le virus de la grippe aviaire continue de faire rage dans les départements du Sud-Ouest, avec une cinquantaine de nouveaux foyers en quelques jours malgré un abattage massif de palmipèdes.

Pour le seul département des Landes, 170 foyers d’influenza aviaire ont été confirmés. Ils étaient 127 vendredi, contre six dans le Gers (quatre de plus que vendredi), a précisé Julien Denormandie lors d’un point de presse à Auch, à la préfecture du Gers où il a rencontré les professionnels de la filière.

Un abattoir réquisitionné dans le Gers

Cet épisode de grippe aviaire, qui a fait son apparition dans les Landes, est « peut-être plus contagieux que celui de 2016-2017 qui avait mis à plat la filière, a reconnu le ministre. J’ai décidé de réquisitionner un abattoir ici (dans le Gers) pour pouvoir mener à bien les opérations d’abattage. »

Dans ce département limitrophe des Landes, 500 000 palmipèdes ont déjà été abattus. « Et des abattages drastiques, massifs dans une zone de 5 km autour de chaque foyer identifié », auront également lieu dans « tous les départements touchés comme les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques », a-t-il assuré.

« Une indemnisation totale prise en charge par l’État »

Le ministre a réaffirmé son soutien aux éleveurs « dans la souffrance », en soulignant qu’une « indemnisation totale est prise en charge par l’État, avec des avances sur les indemnisations pour qu’elles puissent arriver rapidement ». La souche H5N8, qui sévit aussi ailleurs en Europe, a été repérée pour la première fois dans un élevage en France au début de décembre.

Sur l’aspect préventif, Julien Denormandie a rappelé que les éleveurs pouvaient prétendre à des aides pour investir dans la biosécurité. Répondant à des questions de journalistes, il a écarté l’option d’un vaccin, en partie parce que cela « empêcherait bon nombre d’éleveurs d’exporter vers des pays n’autorisant pas l’importation de produits vaccinés ».

« Le problème n’est pas le modèle »

Le ministre a également balayé un éventuel problème lié à la taille des élevages, assurant que « le problème n’est pas le modèle. Ce n’est pas lui qui a créé le virus de l’influenza aviaire, il arrive par les oiseaux migrateurs, que vous ayez un petit ou un grand élevage ».

Enfin, il a rappelé à plusieurs reprises que l’influenza aviaire n’était pas transmissible à l’homme : « Je le dis et le redis, continuons à manger du poulet, du canard, du foie gras et des œufs, il n’y a absolument aucun risque. »

Éric Roussel, avec l’AFP