Une instruction technique du ministère de l’Agriculture, publiée le 13 août 2020, vient rappeler et préciser les modalités de mise en place et d’inspection des mesures de biosécurité lors du transport routier des volailles et des porcs vivants. Cette mise à jour vise à prévenir le risque de propagation de la peste porcine africaine (PPA) et à éviter tout nouvel épisode d’influenza aviaire hautement pathogène.

Éviter la dispersion des plumes

Concernant la conception des véhicules, la règle reste la même. Les équipements doivent être « faciles à nettoyer et à désinfecter et entretenus régulièrement ». Plus spécifiquement, « chaque véhicule doit être équipé d’un matériel de pulvérisation de désinfectant qui devra impérativement être utilisé en cas d’entrée et de sortie d’un site d’exploitation de volailles situé en zone réglementée et des sites d’exploitation porcine ».

Réduire au maximum la perte de plumes et d’excréments pendant le voyage est également demandé, avec obligation de résultat. « La mise à jeun préalable au transport des animaux destinés à l’abattoir » est alors recommandée. Pour les palmipèdes de plus de trois jours, tout véhicule doit s’équiper de bâches ou de systèmes équivalents (hors canicule) afin d’éviter la dispersion de plumes et duvets dans l’environnement pendant les périodes à risque modéré ou élevé de propagation de l’influenza. Les autres volailles « présentent un risque minime de diffusion du virus à partir d’animaux sains ».

En porcs, les véhicules non équipés de dispositifs de filtration d’air devront être séparés les uns des autres d’au moins 30 mètres « pour éviter les contaminations croisées par aérosols ».

Surveillance de l’éleveur

« Le transporteur doit respecter les mesures décrites dans le plan de biosécurité des exploitations où il intervient, rappelle l’instruction technique. Le détenteur des animaux peut refuser l’accès à son exploitation dès qu’un transporteur ne respecte pas les règles imposées. »

Une fois le moment du chargement venu, certaines règles, avec dérogations, sont de mises :

  • « Le transport d’oiseaux vivants vers une ou plusieurs exploitations n’est autorisé qu’à partir d’une seule exploitation d’origine » ;
  • « Les palmipèdes transportés à destination d’un abattoir ne doivent être issus que d’une seule exploitation d’origine » ;
  • « Le transport de palmipèdes et d’autres espèces de volailles au sein du même véhicule est interdit » ;
  • « Au cours du même transport, un véhicule ayant déchargé des suidés dans un ou plusieurs élevages ne peut pas recharger d’autres suidés destinés à l’abattoir ».

Sur l’ensemble des mesures de biosécurité évoquées dans l’instruction technique, une campagne d’inspection se déroulera d’ici à 2022.

Alexandra Courty