Pour essayer d’interpeller les consciences des promeneurs et familles se rendant en visite au salon où sont exposées les plus belles bêtes des élevages français, les militants du collectif 269 Life France – qui considèrent que l’animal est l’égal de l’homme – ont procédé à la « mise en scène d’un dîner sanglant » où l’on sert aussi bien de la viande que de l’humain.

Une tête de cochon et la tête d’une militante émergeant d’un plat découpé dans la table étaient les morceaux de choix de ce faux repas. Autour d’eux, des militants accroupis, ligotés et enchaînés, portant une étiquette dans l’oreille, figuraient des animaux voués à l’abattoir. D’autres tenaient en silence des pancartes dénonçant « l’esclavage » de l’élevage, la « réalité » des abattoirs, ou appelant les passants à ne pas être « complices » de « vies de souffrance » en arrêtant de consommer de la viande.

Une association qui vise l’élevage en général

Une première manifestation pour dénoncer « l’hypocrisie de l’agriculture » avait eu lieu en ouverture du salon samedi dernier, organisée par l’association Végan Impact. « Nous ne visons ni la méthode d’élevage, ni la méthode d’abattage des animaux, nous visons l’élevage lui-même, qui est un meurtre prémédité, organisé, loin de toute situation de légitime défense », a déclaré samedi Cédric Stolz, l’organisateur de la manifestation de 269 Life. Le véganisme consiste à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation.

Interbev appelle à la liberté du choix

À l’intérieur du salon, Marc Pagès, directeur général d’Interbev, qui réunit l’interprofession de la viande, des éleveurs aux bouchers en passant par les abattoirs, négociants et transformateurs, avait déclaré un peu plus tôt dans la journée que « le principe de l’élevage est le principe même de l’existence humaine sur la terre ». Il a regretté que les militants végans « souhaitent imposer leur façon de voir », alors que « chacun est libre de choisir son régime alimentaire ». « Nous avons dénoncé les abus dans certains abattoirs et mis en place des démarches pour améliorer le bien-être animal », a-t-il précisé.

AFP