« Nous ne nous excuserons jamais assez », balbutiait Michel Nalet, le responsable de la communication du groupe Lactalis, à l’entame de la conférence de presse. Plus d’un mois après le début de l’affaire des contaminations par une salmonelle, l’industriel reconnaît la gravité de la situation. « Nous nous devons de trouver une explication, c’est notre devoir et notre responsabilité », affirme le porte-parole de Lactalis.

Vendredi, lors d’un point presse, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a indiqué, après s’être entretenu avec le président de l’entreprise Emmanuel Besnier, que « Lactalis reprendra tous les produits de laits infantiles fabriqués sur le site de Craon, quelle que soit leur date de fabrication, dans tous les lieux de commercialisation, en particulier la grande distribution et les pharmacies », élargissant ainsi le précédent rappel qui courait à partir de février 2017.

« J’ai d’abord demandé à M. (Emmanuel) Besnier, le président de Lactalis, de faire preuve de davantage de transparence, car je pense que la transparence est un gage de confiance pour les consommateurs et l’ensemble des Français », a déclaré le ministre qui s’est finalement présenté seul devant la presse. Le ministre a précisé que « le président de Lactalis communiquera publiquement sur les causes de la contamination dès qu’elles seront établies ».

« 6 700 visites chez nos clients »

Alors que les doutes planent sur le bon fonctionnement de la procédure de rappel de boîtes de lait infantile fabriquées à Craon (Mayenne), Michel Nalet a défendu les pratiques de Lactalis. « Depuis le premier rappel et jusqu’à aujourd’hui, près de 6 700 visites ont été effectuées chez nos clients, pour accompagner et expliquer. »

Il confirme par ailleurs la fermeture du site de Craon, précisant que « 250 salariés ont été mis au chômage technique, et 70 à 80 collaborateurs ont été redirigés vers d’autres sites dans l’Ille-et-Vilaine et dans la Mayenne ». Aucune date n’est avancée pour une éventuelle reprise de l’activité. Toutefois, le porte-parole de Lactalis confirme que l’arrêt du site de Craon n’a « aucune incidence pour la collecte chez les producteurs de lait. Les volumes sont redirigés vers d’autres sites du groupe, également en Ille-et-Vilaine et dans la Mayenne. »

Vendredi, Bruno Le Maire a indiqué, à l’issue de son entretien avec Emmanuel Besnier, que « Lactalis fera tous les investissements nécessaires sur le site de Craon pour garantir la sécurité sanitaire du site et éviter que ne se reproduisent de telles contaminations », écartant ainsi implicitement le spectre d’une fermeture du site actuellement à l’arrêt et dont 250 des 327 salariés sont au chômage technique.

Après le « premier enjeu » qu’est la sécurité sanitaire des consommateurs, M. Le Maire a exprimé sa préoccupation pour l’emploi sur le site de Craon, en Mayenne, et au-delà, les agriculteurs de la région, avant d’évoquer son souhait de sauvegarder la « réputation » de la filière laitière dans son ensemble, « une filière d’excellence qui doit le rester ».

L’exploitation des marques en question

Si Michel Nalet reconnaît que Lactalis « doit regagner la confiance des clients », la question de l’exploitation des marques de laits infantiles impliquées dans les rappels de produits est posée. « Nous réfléchissons à continuer l’exploitation de ces marques, confie le porte-parole de Lactalis. C’est un élément majeur pour le futur. Même si cette activité ne représente pas une part importante de notre activité, il n’y a pas de petit chiffre d’affaires, et c’est un marché porteur. »

V. Guyot