La série d’auditions menée au Sénat par la commission des affaires sociales et celle des affaires économiques faisant suite à l’affaire du lait infantile contaminé par des salmonelles se poursuit. Mercredi 7 février 2018, François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, et Jérôme Salomon, directeur général de la santé, ont été interrogés par les parlementaires sur l’efficacité du système de sécurité sanitaire français.

Après avoir assuré que l’articulation entre les différents centres nationaux de référence est de grande qualité, François Bourdillon, ajoute que les outils sont aussi de plus en plus précis. C’est grâce à ces évolutions, notamment sur le séquençage des salmonelles, que les laboratoires ont pu relier la souche de 2005 à celle de 2014 puis celle de décembre dernier. « Elles se ressemblent de manière très proche », indique-t-il.

S’agissant des défaillances de retrait des lots, Jérôme Salomon, qui insiste davantage sur le circuit de la pharmacie et des hôpitaux que sur celui de la grande distribution, rappelle que la procédure se fait selon une approche pragmatique : « Au fur et à mesure que les épidémiologistes ont des informations avérées sur les expositions à la salmonelle, l’identification des lots est plus précise », dit-il, expliquant pourquoi la procédure s’étend dans le temps.

Le dossier sous secret judiciaire

Jérôme Salomon rappelle qu’il n’est pas possible d’avoir des informations détaillées sur la non-application des retraits, le dossier étant sous secret judiciaire. Il assure néanmoins qu’ils ont été « massivement appliqués », du moins dans les hôpitaux et les maternités. Enfin, il souligne que la présence des lots sur un site ne signifie pas qu’ils sont distribués. « Certains gèlent les produits le temps de les éliminer, explique-t-il. Présence ne signifie pas distribution. »

Les deux professionnels de la santé interrogés ce jour assurent être attentifs au retour qui aura lieu en interadministration, afin que s’améliore encore la communication entre les professionnels. Jérôme Salomon estime qu’il y a un véritable enjeu d’amélioration des mesures de retrait, et qu’il est nécessaire d’atteindre les consommateurs à travers une information fiable, de qualité, validé par les autorités nationales.

Hélène ChaligneJournaliste web