Nichée au cœur de la forêt de Brocéliande, un massif forestier de 9 000 ha, la commune de Paimpont (Ille-et-Vilaine) était particulièrement animée ce samedi 30 mars 2019. Sous un soleil généreux, près de 2 000 personnes se sont rassemblées aux sons des binious et de la cornemuse pour partager une galette saucisse.

Majorité silencieuse contre minorité active

L’appel était lancé par l’association de défense de la ruralité et des traditions (ADRT), créé il y a quelques semaines en réaction aux attaques incessantes des associations animalistes. Mis en place par les chasseurs, elle a rallié à sa cause des pêcheurs, des forestiers, des agriculteurs, des bouchers…

Intrusions dans les élevages, dans les abattoirs, dégradations de boucheries, de poissonneries, attaque contre la chasse et notamment à courre, violations de propriétés privées… Nous voulons exprimer notre ras-le-bol de ces attaques incessantes contre nos activités qu’elles soient professionnelles ou de loisirs », explique Romain Le Goaster, porte-parole de l’association.

Lors des prises de parole, François Palut, ancien producteur de porcs et président de l’Ameb, Association pour le maintien de l’élevage en Bretagne, a dénoncé la folie de l’idéologie des anti-viande. « Ce sont des terroristes alimentaires qui veulent nous imposer leur façon de vivre et de s’alimenter. L214 manipule le grand public et les journalistes. Ils prétendent agir pour le bien-être des animaux alors qu’en fait, ce sont de véritables gourous… financés par les entreprises de la Silicon Valley. »

Une vision partagée par Gwendoline, une ex-militante d’AVA, Abolissons la vénerie aujourd’hui, qui, même si elle n’est pas devenue pro-chasse à courre, a témoigné « des dérives sectaires de l’association plus attachée à provoquer avec violences qu’à véritablement défendre la cause animale ».

Une méconnaissance du milieu rural

Les organisateurs ont rappelé ce qui les anime : « Si on se tait, on va mourir. Nous sommes fiers de nos activités. Nous n’imposons pas notre vision. Nous voulons juste être respectés alors que nous sommes la majorité silencieuse. Nous voulons continuer à vivre à la campagne tranquillement sans être embêtés par des gens qui ignorent les réalités de l’agriculture, de l’élevage, de la sylviculture ou encore de la vie sauvage. »

La méconnaissance du monde rural, voire une incompréhension totale, c’est ce qui ressort des nombreux témoignages de participants au rassemblement. Comme ce forestier interpellé par des promeneurs alors qu’il était en train de couper des arbres. Ou encore, Yves, agriculteur du centre de la Bretagne dont les voisins récemment installés à la campagne ne souhaitaient pas qu’il sème du maïs sous leurs fenêtres.

Parmi les manifestants, de nombreux agriculteurs, chasseurs ou pas, venus à titre individuel, les syndicats n’ayant pas lancé de mot d’ordre. « Nous sommes présents car nous soutenons le combat pour la ruralité. Il y en a ras le bol des anti-tout », justifie un groupe d’agriculteurs de Paimpont, qui souhaite cependant être véritablement impliqué dans l’ADRT et pas simple soutien des chasseurs. Dans cette commune qui compte 7 000 ha de forêt, la gestion du gibier par la Fédération de chasse reste en effet un sujet de tension.

Isabelle Lejas