Régis Mainguy avait témoigné dans le reportage sur Lactalis diffusé le 13 octobre 2017 dans l’émission « Envoyé Spécial ». Hier, le 8 février 2017, il a pu faire « remonter » au ministère la « stupéfaction » et le « désarroi » de ces cinq éleveurs, tous installés dans la petite commune de Landemont (Maine-et-Loire). « Le plus dégradant, c’est la manière dont Lactalis nous a pris pour ses employés », a-t-il confié, à la sortie du ministère, où il a été reçu avec une délégation du Modef.

Le médiateur mobilisé

« On est producteur de lait pour une entreprise comme Lactalis et dans un communiqué, on est simplement réduit au bon ouvrier qui veut bien travailler pour le seigneur », s’est-il indigné, jugeant ce traitement « dégradant » pour lui et ses collègues et « inadmissible pour toute la filière ». Il affirme que le cabinet du ministre s’est engagé à leur trouver un nouveau collecteur de lait.

Le ministère a indiqué avoir proposé aux parties de mobiliser le médiateur des relations commerciales agricoles, pour tenter de résoudre le différend avec Lactalis. Si cette démarche n’aboutit pas, « l’Administration sera mobilisée pour aider ces producteurs à retrouver un collecteur », précise-t-on au ministère. Stéphane Le Foll avait condamné fermement, le 27 janvier, la décision de Lactalis.

Rien de concret pour l’instant

La laiterie LSDH (Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel) leur a bien tendu la main, mais est encore « en réflexion. Aujourd’hui, on n’a rien de fait, explique Régis Mainguy. On a beau sonner et frapper à toutes les portes, les autres laiteries nous annoncent toutes qu’elles ont suffisamment de lait et qu’elles ne sont pas intéressées par notre candidature. » Si aucune solution ne devait être trouvée, il « craint d’être obligé de vendre (ses) vaches ».

Le porte-parole de Lactalis, Michel Nalet, avait confirmé vendredi l’envoi d’un courrier à ces producteurs annonçant la rupture de leur contrat, en expliquant qu’« il n’est pas possible de poursuivre une relation avec des producteurs qui dénigrent » le groupe.

AFP