« Les niveaux de collecte par rapport à 2019 dès la semaine 12 [du 16 au 22 mars 2020] accusent une baisse de 30 à 70 % suivant les espèces et le type de caractères », constate France Génétique Élevage (FGE) dans un communiqué de presse diffusé le 7 avril 2020. Par l’intermédiaire d’une cellule de crise, FGE et « l’ensemble de ses familles » se mobilisent pour modérer les effets du confinement et préparer la reprise de l’activité.

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Réfléchir à l’après-coronavirus

Si les dégâts à court terme sont déjà visibles, ceux à plus long terme sont aussi à anticiper. « Nous sommes particulièrement attentifs aux répercussions à moyen terme sur les programmes de sélection. Ces dispositifs se gèrent sur une durée longue, une interruption du cumul du progrès génétique peut avoir des impacts très importants », relève l’interprofession de la génétique des ruminants.

Sur les conséquences à long terme, notamment pour les calculs de valeurs génétiques de la fin du printemps, de l’automne et de l’hiver 2020, l’Institut de l’élevage en collaboration avec GenEval et d’autres organismes de FGE se penchent sur diverses solutions afin de « proposer les adaptations de calculs nécessaires pour valoriser le maximum d’informations tout en conservant une précision compatible avec leur valorisation génétique ».

« Comme solution transitoire pour les veaux d’automne, l’organisme de sélection (OS) Charolais France a choisi de se servir du poids à 120 jours plutôt que de celui à âge type à 210 jours pour indexer les animaux », indique Sébastien Cluzel, président du Herd-book charolais (HBC).

Pour les races qui disposent de la sélection génomique, « d’autres pistes pourront être étudiées en recourant à un génotypage ciblé de certaines populations en substitution ponctuelle du recueil de performances », ajoute FGE.

« Alléger » la collecte des performances

« Cette crise nous amène à nous poser des questions sur les protocoles de collecte de performances tels qu’ils sont bâtis aujourd’hui, explique le président du HBC. Bien qu’ils aient largement démontré leur efficacité jusqu’alors, une réflexion sur leur évolution sera entamée dès la levée du confinement. »

« Nous constatons, sur le contrôle en ferme, qu’une partie des éleveurs est volontaire à la collecte de données mais se plaint de la lourdeur des protocoles, technique comme financière, ajoute Sébastien Cluzel. Nous avons des outils à disposition qui nous permettent de les alléger, comme le génotypage ou encore le photopointage. »

Lucie Pouchard